Qui sont les domaineurs ?

Lorsque l’on souhaite lancer un projet sur internet, rien de plus agaçant que de voir que le nom de domaine choisi est déjà réservé dans toutes les extensions génériques. Qui sont ces personnes désobligeantes qui vous privent du nom idéal, sans même prendre la peine d’y présenter un site digne de ce nom ?

Pour la grande majorité des éditeurs de sites et des acteurs de l’internet en général, la réponse ne fait aucun doute : il s’agit des domaineurs, véritable plaie du web, à l’instar des hackers et des spammeurs. Enchères truquées, prix abusifs proposés aux anciens titulaires de noms de domaine ayant oublié de les renouveler, cybersquatting notoire, pages parking n’apportant pas le moindre contenu, force est de reconnaître que ces pratiques n’ont pas de quoi attirer une grande sympathie.

Les responsables n’en ont cure, ils ne sont animés que par la recherche du profit et s’en cachent à peine, à l’image des magnats du domaining Rick Schwartz ou Monte Cahn. Dans ce milieu, l’importance des sommes en jeu et la virulence de la concurrence ont rapidement incité les acteurs du secteur à privilégier le profit à court terme, au détriment de toute réflexion stratégique, recherche scientifique ou respect de l’éthique. Compte tenu des moyens techniques et financiers nécessaires, seuls une poignée d’acteurs anglo-saxons ont pu tirer leur épingle du jeu, tandis que quelques centaines de milliers d’autres acteurs de petite taille se partagent les miettes d’un gâteau se rétrécissant chaque année.

L’exception francophone

Arrivés plus tardivement sur le marché et majoritairement privés du soutien des capital-risqueurs, les investisseurs francophones dans les noms de domaine adoptent une démarche radicalement différente, où la réflexion prend le pas sur les moyens informatiques et où la stratégie de portefeuille se base sur la qualité davantage que sur le volume. Ainsi Jean-Noël Frydman, propriétaire de noms de domaine tels que France.com ou PagesJaunes.com et actif sur le marché depuis 1994, n’a-t-il jamais possédé plus de quelques centaines de domaines.

De même, la société suisse Virtual Network a choisi dès la fin des années 1990 de n’investir que dans des noms de domaine génériques de qualité, tels que rencontres.com, humour.com ou musique.com, en ayant pour chacun d’eux un projet.

Mais c’est incontestablement à Sedo, unique place de marché du secteur, que l’on doit l’émergence d’une exception francophone du domaining. Sans la moindre concession vis-à-vis du cybersquatting et de toutes les pratiques douteuses, les responsables de Sedo France ont été les premiers à engager une véritable réflexion sur la nature et les enjeux du secteur des noms de domaine.
S’en est suivie la constitution lente mais certaine d’une communauté de passionnés, à la fois solidaire en son sein et recherchant à fonctionner en harmonie avec les autres acteurs de l’internet, qu’il s’agisse des éditeurs de sites, des référenceurs ou des autorités publiques. A l’heure où leurs homologues anglo-saxons ont épuisé les ressorts de la spéculation et de l’enrichissement rapide, les domaineurs francophones se positionnent plus que jamais comme des acteurs futurs incontournables de toute stratégie de développement sur internet.

Ouverts au partenariat, respectueux de l’éthique, visionnaires, telles sont les caractéristiques de cette population encore méconnue et que notre nouvelle rubrique « la Chronique du domaineur » vous invite à découvrir.