Perspectives pour le domaining en 2010

Cette fin d’année 2009 donne l’occasion de faire le bilan succinct d’une année difficile en termes financiers pour le secteur du domaining et dont le visage pourrait radicalement changer à partir de 2010.

La crise économique actuelle, qui frappe le plus durement des secteurs déjà fragiles tels que l’immobilier ou l’automobile, se caractérise par des ajustements de prix et de production à des niveaux davantage en rapport aux perspectives et aux fondamentaux réels des activités concernées. C’est précisément ce que l’on observe pour le domaining, pour qui la crise constitue un accélérateur de changements qui semblaient inévitables, en particulier la fin de certains excès.

La fin d’une époque

Verra-t-on à nouveau une transaction du calibre de Toys.com, vendu à Toys »R »Us en mars 2009 pour 5,1 millions de dollars ? Si la seconde moitié de l’année 2009 à été marquée par une disette rare, aucune transaction n’atteignant le tiers de cette somme, la réponse est pourtant assurément positive. Les excès du domaining ne se situent pas à ces niveaux : l’expérience a montré que tels achats, pour des montants somme toute dérisoires par rapport aux budgets de communication des sociétés en question, s’avèrent judicieux en termes de stratégie internet et très rapidement rentabilisés.

L’éclairage médiatique régulièrement porté sur de telles ventes conforte l’idée, fausse au demeurant, selon laquelle le domaining consisterait avant tout à acheter et vendre des noms de domaine à plus ou moins haut potentiel.

En réalité, de telles transactions restent rares et ne génèrent qu’une faible part des profits des sociétés et autres acteurs privés du secteur. Indiscutablement, c’est le parking de nom de domaine qui constituait jusqu’à présent la principale colonne vertébrale de la partie « organisée » du secteur. Or, l’année 2009 aura montré que cette activité appartient déjà au passé, comme nous nous efforcerons de le mettre en évidence dans un prochain article.
Quand aux personnes tentant de vivre de l’achat et de la vente de noms de domaine, elles existent bien, mais pour la grande majorité d’entre elles, leur activité concerne des transactions ne dépassant guère les quelques dizaines de dollars et réalisées dans le cadre de forums internet et autres sites spécialisés, en marge de toute légalité.

L’espoir d’enrichissement rapide sans nécessité de travail dur ni de compétences préalables, alimenté par des escrocs en tous genres souhaitant écouler leurs « junk domains » (« noms de domaine poubelle ») et par la complicité des registrars, prêts à commercialiser n’importe quelle nouvelle extension, a attiré sur le marché pendant des années des centaines de milliers de domaineurs amateurs, essentiellement outre-Atlantique. Ces derniers sont désormais pris au piège d’un système comparable aux pyramides financières, et sont de plus en plus nombreux à cesser leur activité.

Vers un domaining 2.0

Les difficultés actuelles et surtout à venir du parking de noms de domaine et des « junk domains » sont regrettables pour les personnes impliquées dans ces activités, mais elles peuvent être vues comme un signe d’évolution nécessaire d’un secteur jeune, qui ne pouvait rester indéfiniment en marge de l’internet. Face à la raréfication des revenus directs liés aux noms de domaine et dans un contexte de plus en plus complexe, l’avenir appartient à ceux qui sont en mesure d’identifier les leviers de performance des noms de domaine.

A ce titre, une fois n’est pas coutume, le domaining francophone possède des années d’avance sur son homologue nord-américain et des atouts à faire valoir. Après une année 2009 faste tant au niveau du volume de transactions que de la structuration du secteur, ses perspectives sont excellentes, comme en témoignent le nombre et la qualité des projets en cours, qui seront présentés tout au long de l’année 2010 dans la Chronique du Domaineur.

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