Les perspectives prometteuses des noms français

Précurseurs mondiaux, les domaineurs anglo-saxons ont de longue date mis la main sur les meilleurs noms de domaine dans tous les grands secteurs d’activité et dans les principales langues de la planète. Une industrie, largement en crise aujourd’hui, s’est progressivement créée autour de la monétisation de ces actifs.

L’une des particularités de ce modèle économique est d’avoir considéré les noms de domaine comme des objets homogènes, simples marchandises échangeables sur un marché global. Or, s’il est exact que l’internet gomme les frontières géographiques, les frontières linguistiques sont bien réelles et délimitent des espaces marqués par des réalités différentes. Le secteur des noms de domaine en français est-il ainsi largement distinct de son grand frère anglo-saxon, et pour ces raisons mérite une analyse de son potentiel propre.

Un large réservoir d’utilisateurs finaux

Le français est la langue maternelle de plus de deux cent millions de personnes dans le monde et il est utilisé par plus de cinq cent millions de personnes, dans une cinquantaine de pays. Bien que l’économie française paraisse plongée dans une crise durable, les multinationales françaises telles que L’Oréal, LVHM, Renault, Carrefour or Danone n’en restent pas moins des références mondiales, grâce à leur présence internationale, de même que leurs homologues dans les autres pays francophones que sont la Belgique, le Canada ou la Suisse.

Ces sociétés dépensent des milliards d’euros chaque année en communication et la présence sur internet est un objectif majeur de la plupart d’entre elles. Toutefois, peu informées sur le sujet, elles n’ont pas encore intégré les noms de domaine dans leur stratégie internet. Pour l’heure, ni les consultants d’entreprise ni les médias spécialisés et généralistes ne se sont pour l’heure réellement penchés sur les avantages pour les entreprises d’acquérir des noms de domaine sur le second marché.

Quand aux domaineurs, beaucoup restent discrets, voyant avec inquiétude l’éventuelle arrivée de nouveaux entrants sur ce qu’ils considèrent être un filon.

La hausse continue du marché

Sur le second marché des noms de domaine francophones, tout au plus une cinquantaine d’acteurs achètent et vendent de manière régulière. Rien de moins étonnant pour la France, où aucune banque, business angel ni institution financière ne prendrait le risque d’avancer des fonds pour l’acquisition de noms de domaine.

Les domaineurs internationaux expérimentés, habitués à la pénurie d’offre et aux prix dissuasifs du second marché, voient cette situation anormale comme une aubaine.

C’est ainsi que la société NetTraffic, propriété du fondateur d’un célèbre bureau d’enregistrement américain, a pu en quelques années mettre la main sur des dizaines de milliers de noms de domaine .fr, le plus souvent au prix d’enregistrement. Ces derniers sont revendus de plus en plus cher, le marché continuant de battre record sur record, en dépit de la crise, et tout porte à croire que le passage de témoin des domaineurs vers les utilisateurs finaux continuera à s’accélérer.

Une multiplication attendue des rachats de noms de domaine

Aujourd’hui encore, des centaines de milliers de noms de domaine en français redirigent vers une simple page publicitaire, en général sans réelle pertinence avec le nom de domaine.

Cette situation temporaire ne satisfait ni les domaineurs, ni les utilisateurs finaux, ni les internautes et il n’est pas étonnant que les meilleurs noms de domaine soient un à un rachetés par leurs destinataires naturels. A chaque opération, le titulaire du nom de domaine réalise une plus-value financière substantielle, sans comparaison avec les maigres revenus procurés par le parking, l’utilisateur final acquiert un trafic naturel et ciblé et l’internaute se voit proposé précisément le produit, l’information ou le service qu’il recherche.