Les coquilles du mois d’aout !

Internet est un monde magique dans lequel une industrie entière se base sur des petites lignes de codes dans une base de données.

On a déjà vu par le passé que lorsque ces lignes de codes sont corrompues par une panne ou une erreur, une virgule ou un point mal placé. Ce sont des erreurs techniques dans un monde technique et elles sont en général bien vite réparées, et donnent lieu à des améliorations.

En revanche, il existe aussi un côté bureaucratique dans la gestion de l’internet. Il concerne la délégation des zones ou des noms de domaine.

L’exemple le plus flagrant nous vient du Royaume Uni ce week end.
Centralnic commercialise des noms de domaine qui sont en réalité des sous domaines de noms enregistrés, de type fr.com ou eu.com. Lorsque le client est prévenu qu’il n’a pas à faire à un registre ‘officiel’, c’est à lui de prendre ses responsabilités et donc de procéder à l’enregistrement;

Il va donc enregistrer par exemple monnom.gb.com et l’utiliser pour bâtir son identité en ligne. Sa visibilité sur internet dépendra de ce nom. Il faut donc que le fournisseur soit une entité stable et qui ne soit pas tenté d’arrêter son service pour une raison X ou Y.

On a déjà vu en début d’année que les noms finissant en .ly avaient eu quelques soucis (suspension pour des raisons peu rationnelles). Mais la Lybie, qui gère le .ly, n’est pas un modèle de stabilité. On peut donc se rassurer en se disant que ce cas est atypique et que les extensions gtlds ou CCtlds sont gérées de façon plus rationnelle.

Récemment, on a quand même vu que l’Université de Porto Rico, qui gérait le .pr s’est vue dépossédée en toute légalité de cette délégation au profit d’une société privée créée par le professeur en charge. Inquiétant.

En revanche, l’utilisation de sous domaine comporte un risque plus grand. Ces sous domaines ont fleuri récemment, mais l’exemple du .gb.com ce week end est plus parlant : Centralnic exploite ce nom depuis des années, alors que le titulaire du nom gb.com est en fait l’ancien propriétaire de Centralnic (GB.COM Ltd.). Tant que les choses se passent bien, il ne s’agit que d’un détail administratif. Mais le titulaire a décidé de rentrer en conflit et a modifié les dns de gb.com, obligeant les titulaires à désormais s’enregistrer chez lui pour poursuivre l’exploitation de leur nom, même s’ils avaient payé auparavant…

On ne connait pas les détails internes de l’affaire et il est difficile de dire qui est le fautif, mais en l’occurrence le titulaire de monnom.gb.com est bien pris en otage : il lui faut souscrire un nouvel abonnement en urgence, avec une société qu’il découvre, pour poursuivre l’exploitation de son site. On attend avec impatience les suites de l’affaire.

A noter, Centralnic a eu une réaction plutôt honnête en réenregistrant les noms à ses frais pour ses clients chez GB.COM Ltd. Ils auraient juste pu éviter cet incident en mettant à jour le whois avant !

Finalement, le mieux lorsqu’on veut vraiment assurer sa présence en ligne sans risque d’intrusion administrative reste de créer son .societe. Cela a un coût, mais écarte tout risque d’ingérence !