Le domaineur nouveau est-il arrivé?

Jean-François Mayer, participant des 1ères Rencontres Internationales des Noms de Domaine, dresse un compte rendu de cette convention.
Il revient aujourd’hui sur le premier atelier du lundi 26 janvier : Le domaineur nouveau est-il arrivé?

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A propos de l’auteur :
Jean-François Mayer (www.mayer.info), historien suisse, est un chercheur spécialisé dans l’étude des phénomènes religieux contemporains. Il dirige actuellement l’Institut Religioscope (Fribourg, Suisse) et le site www.religion.info. Son dernier livre est intitulé Internet et Religion (Ed. Infolio, 2008). J.-F. Mayer s’intéresse aux noms de domaine depuis le lancement de l’extension .info en 2001. En 2009, il a créé un petit site pour la vente de certains de ses NDD et d’autres projets liés aux NDD, www.nametactic.com

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Quelques 170 participants ont assisté à Paris aux 1ères Rencontres Internationales des Noms de Domaine (RINDD) les 26 et 27 janvier 2009. Un programme fourni et de stimulantes interventions ont permis d’éclairer différentes questions et d’ouvrir de nouvelles perspectives.

L’intérêt des RINDD – organisées efficacement par les équipes de Sedo et de MailClub – était de rassembler des acteurs très différents, mais tous intéressés à un titre ou à un autre par les noms de domaine (NDD): juristes, responsables d’entreprises et domaineurs (c’est-à-dire des personnes achetant et revendant des NDD à des utilisateurs finaux).

Les organisateurs avaient fait appel à des intervenants de qualité et représentatifs des différentes approches du sujet: de l’avis unanime, les deux journées, animées avec talent et compétence par Cédric Manara, ont apporté une riche moisson d’informations et de réflexions.

Le domaineur nouveau est-il arrivé?

Selon certaines estimations, il y aurait en France une centaine de domaineurs ayant un portefeuille de plusieurs centaines ou plusieurs milliers de domaines.

David Chelly (ESG Paris) et « Inonuffin » (Forum NDD) ont essayé en ouverture de casser quelques clichés sur l’activité des domaineurs, souvent encore associés à des cybersquatteurs (par suite du mauvais exemple fourni par certains) ou à de simples spéculateurs: non sans laisser transparaître parfois leur souci de transformer cette image, ils ont insisté l’un et l’autre sur l’esprit d’entreprise caractéristique de la petite communauté des domaineurs en France aujourd’hui, pas forcément ou uniquement intéressés par des profits à court terme.

Les domaines représentent un investissement, mais qui prend tout son sens dans le long terme pour celui qui en fait commerce – et qui devient bien sûr aussi un élément crucial pour la communication d’entreprises et autres groupes.

Comme le prouvèrent des interventions dans la suite des débats, plusieurs entreprises ont pleinement conscience de l’atout représenté par les noms de domaine dans leur stratégie de marketing: si beaucoup d’entreprises n’ont pas encore compris l’intérêt d’acheter même des noms de domaine dont elles n’auront pas l’utilité dans l’immédiat, d’autres (dont certaines représentées aux RINDD) ont en revanche pris toute la mesure du phénomène et possèdent des milliers de noms (y compris des noms récupérés par suite de litiges sur des utilisations problématiques: imitations du nom de l’entreprise avec faute de frappe ou autres tentatives d’utilisation illégitime d’un nom de marque).

Des ventes moyennes autour de 1 500 €

Les noms génériques, notamment (entendus ici au sens de noms qui désignent directement un produit) permettent souvent de renforcer la communication et d’amener sur un site des visiteurs qui deviendront pour certains des clients (une entreprise Dupont qui vend des meubles aura tout intérêt, si elle le peut, à acquérir meubles.com, meubles.fr, etc, outre le nom de l’entreprise dans les mêmes extensions).

Sur le second marché des noms de domaine tel que peut l’observer Sedo, explique Rémy Sahuc (Sedo), une grande partie des ventes se font entre domaineurs; les ventes directement aux entreprises sur la plate-forme Sedo sont plus rares, mais plus élevées. La moyenne des ventes de NDD tourne actuellement autour de 1.500 €, avec les considérables variations que l’on imagine (à l’heure où sont rédigées ces lignes, le nom top.com avait dépassé 100.000 € dans des enchères en cours chez Sedo).