ICANN Joburg : point d’étape et travaux en cours

Le premier « round » ayant donné naissance à plus de 1 000 nouvelles extensions est désormais derrière nous. Que ces nouvelles extensions soient considérées comme une aubaine ou un fardeau, l’heure est aujourd’hui celle du bilan. C’est sur cette thématique ainsi que sur la préparation de la suite, que s’orientent les discussions tenues lors du sommet ICANN de Johannesburg cette semaine.

Réflexions et feedback

Les réunions des commissions s’orientent vers la présentation des études et travaux réalisés par la communauté durant ces derniers mois, afin de permettre à chacun de tirer des leçons de ce nouveau paysage numérique, et de préparer le « round » suivant en adoptant autant d’ajustements que nécessaire, dans un but d’amélioration des procédures actuelles.

Il est donc temps de présenter les travaux initiés et de recueillir le feedback de chacun afin de pouvoir avancer vers une finalisation des nouvelles procédures et de cadres réglementaires.

Etude et feedback de l’INTA

Chacun est libre de faire entendre sa voix, comme le fait par exemple l’Association Internationale des titulaires de marques (INTA) dont SafeBrands est également membre.

L’INTA a par exemple réalisé une étude auprès de certains titulaires de marques visant à évaluer l’impact de l’apparition des nouvelles extensions sur la gestion de leur présence en ligne et de la protection de leurs marques.

On peut lire par exemple que la majorité des actions initiées par les titulaires de marques envers des noms de domaine litigieux correspondant à leurs marques, est engagée à l’encontre de titulaires ayant privilégiés un enregistrement du nom en whois privé.

Whois et données personnelles

C’est en effet une problématique fondamentale qui rejoint de nombreuses discussions telles que celle des travaux en cours concernant la refonte de notre vieux système Whois, de la réglementation de l’accès aux données des titulaires et des contacts, ou encore de la réforme portant sur la protection des données personnelles.

La question de l’affichage des données Whois et de leurs conditions d’accès est un des sujets majeurs de ce sommet. Il est par exemple envisagé de proposé au public un système d’accès limité aux données whois, et permettre l’accès à l’ensemble des informations via une procédure stricte nécessitant identification et autorisation afin de réduire certains abus.

Mais à l’inverse, les travaux en cours concernent également les conditions de fourniture de services de whois privé, afin d’éviter une déviance évidente, au détriment des titulaires de marques.

Protection Vs utilisation

L’étude de l’INTA souligne que les titulaires de marques enregistrent souvent des noms de domaine sous des nouvelles extensions à titre défensif, et n’utilisent pas, au-delà d’une redirection, la majorité des noms de domaine venant s’ajouter aux portefeuilles.

C’est la raison pour laquelle la question de l’établissement d’une stratégie globale de protection mais également de communication est de plus en plus fondamentale, afin de permettre dans ce nouveau cadre (et en prévision du prochain « round »), une gestion rationalisée.

Les nouvelles extensions peuvent constituer de superbes opportunités surtout lorsque l’on a un projet lié. En l’absence d’utilisation spécifique et lorsqu’elles disposent d’un sens correspondant aux secteurs d’activité de la marque, elles peuvent en effet nécessiter une attention particulière.

Les débats sont donc parfois houleux entre les participants, de points de vue divergents en raison de leurs origines et priorités…

Ces échanges sont néanmoins fondamentaux si l’on souhaite aboutir à une évolution concertée des problématiques que tous les membres de la communauté rencontrent. De plus, en amont de l’ouverture du prochain « round ».

Il ne faut cependant pas oublier qu’en parallèle, plus d’une centaine d’extensions sont en cours de lancement ou vont voir le jour dans les prochains mois (telles que le .storage ou encore le .basketball qui sont en cours de sunrise).