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10 idées fausses sur le domaining – 4ème partie

Dernière partie de notre analyse sur le domaining en ce début 2011 avec les trois dernières idées fausses vues par David Chelly, notre chroniqueur-domaineur maison.

Il est trop tard pour s’intéresser aux noms de domaine

Selon un cliché véhiculé par les professionnels de l’internet eux-mêmes, réussir dans le domaining nécessité d’avoir enregistré les meilleurs noms de domaine lorsqu’ils étaient disponibles, les opportunités ayant disparu avec le temps.

Or, tous les acteurs majeurs du secteur ont acquis leurs positions après 2001, et aucun des précurseurs du secteur n’a pu se maintenir jusqu’à la période présente. Rien d’étonnant lorsque l’on sait qu’il fallait à la fin des années 1990 supporter des frais d’enregistrement et de renouvellement de plusieurs centaines de dollars par nom de domaine, avec des possibilités de monétisation quasi nulles et un second marché embryonnaire.

Se positionner aujourd’hui sur le secteur ne requiert pas une assise financière plus lourde qu’au siècle dernier, avec des perspectives de revente et des possibilités d’utilisation des noms de domaine largement supérieures. Toutefois, rien ne garantit que les investissements actuels seront profitables à terme. De la même manière qu’il était probablement plus judicieux de vendre des pelles dans les années 1850 en Californie que d’être chercheur d’or, les projets les plus prometteurs sont ceux selon nous qui concernent la mise en valeur et l’exploitation du potentiel des noms de domaine, davantage que leur simple négoce. En pleine structuration, le secteur offre une multitude d’opportunités à ceux qui sauront accompagner ces changements.

Les nouvelles extensions annoncent la fin du domaining

Bien que leur lancement ait été constamment reporté depuis 2009, de nouvelles extensions devraient voir le jour à partir de 2012, probablement au rythme de cent ou deux cent par an. Dans ces conditions, certains observateurs considèrent que le facteur de rareté qui a été à l’origine de la naissance du domaining n’existera plus, chacun pouvant disposer des mot-clés souhaités en choisissant d’enregistrer un noms de domaine en .fra, .web ou toute autre nouvelle extension à son goût, sans avoir à dépenser des sommes rondelettes pour une acquisition sur le second marché. Or, si l’on peut raisonnablement admettre que les nouvelles extensions constitueront une concurrence sérieuse pour les extensions historiques les plus faibles tels que le .biz ou le .info, aucun impact significatif n’est selon nous à attendre pour le .com ou les cctld tels que le .de ou le .fr. En effet multiplier le nombre d’extensions n’augmente pas significativement le stock de noms de domaine de qualité et n’a pas davantage d’effet sur la demande en noms de domaine d’occasion. Sur le second marché, les noms de domaine valent, entre autres, pour leur caractère mémorisable, le prestige qu’ils confèrent à leur titulaire, leurs atouts pour le référencement naturel et l’achat de liens sponsorisés. Les échecs à répétition des .mobi, .asia et autres .tel ont montré qu’il ne suffisait pas de créer une extension pour qu’elle trouve sa place dans l’internet et suscite l’intérêt des éditeurs de sites.

Le domaining francophone est marginal

Lors des réunions internationales de domaineurs, force est de constater que les anglo-saxons constituent l’essentiel des contingents. Allemands, Chinois, Coréens et autres Indiens sont également remarqués, alors que les francophones passent globalement inaperçus, à l’image de l’internet francophone dans son ensemble.

Pourtant, un ensemble de circonstances font que le domaining francophone nous semble l’un des plus prometteurs. Une offre organisée et des structures permettant le fonctionnement normal du marché sont en passe d’être mises en place sur le marché francophone, ce qui contraste avec la situation de blocage que l’on retrouve sur le marché anglo-saxon. Par ailleurs, les acteurs francophones du secteur ne se contentent pas d’attendre d’éventuelles offres pour leurs noms de domaine. Nombre de noms de domaine francophones dits « premium » sont devenus de véritables sites internet marchands, seule issue profitable dans un web de plus en plus concurrentiel où la recherche de revenus publicitaires ne constitue plus un business model viable. En ce sens, les investisseurs francophones en noms de domaine nous paraissent en avance sur leurs homologues anglo-saxons, encore attachés aux pages parking ou en cours de migration vers la réalisation de minisites, deux stratégies dont l’intérêt et l’efficacité paraissent pour le moins incertains.