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10 idées fausses sur le domaining – 3ème partie

Avant dernier opus de l’analyse de David Chelly sur l’état du domaining en ce début d’année 2011. Aujourd’hui… pigeons, spéculation et prix réels…

Le domaining consiste à trouver des « pigeons »

La majorité des apprentis domaineurs centrent leur stratégie sur l’enregistrement de noms de domaine disponibles, notamment dans des extensions plus ou moins nouvelles telles que le .tel ou le .co, suivi qu’ils mettent aussitôt en vente sur le second marché. Certains ont recours à des astuces plus ou moins grossières (auto-offres, fausses enchères, arguments de vente fallacieux…) mais l’issue est la même pour tous : l’arrêt à court terme de l’activité. Le cycle ne dépasse en principe pas un an, la période des renouvellements faisant inévitablement prendre conscience de l’échec annoncé d’une telle stratégie.

Les « pigeons » prêts à offrir des centaines ou des milliers d’euros pour des noms de domaine enregistrés peu de temps auparavant n’existent pas et ne constituent donc pas la cible du domaineur professionnel. Ce dernier est au contraire orienté vers l’achat davantage que vers la vente, pour des raisons de pragmatisme. En effet, la faible fluidité du marché empêche l’offre et la demande de noms de domaine de se rencontrer, ce qui a pour effet de placer les niveaux de prix et de quantités échangées à des niveaux particulièrement bas.

Les domaineurs sont des spéculateurs

Nombre de professionnels de l’internet considérent les prix de revente des noms de domaine spéculatifs et déconnectés des réalités, puisqu’ils s’échangent essentiellement entre domaineurs. Si le constat est juste, il ne faut pas y voir une volonté de spéculation, mais un problème d’asymétrie d’information. Pour l’heure, ce sont les domaineurs qui ont le plus conscience des atouts des noms de domaine en tant qu’instrument au service de la stratégie internet et ce sont donc naturellement eux que l’on retrouve en tant qu’acheteurs ou vendeurs sur le second marché. Quant aux autres acteurs qui pourraient être intéressés par investir dans les noms de domaine, ils sont confrontés au manque d’informations, de métriques, de liquidité et de structures du marché. Pour toutes ces raisons, la demande effective sur le second marché des noms de domaine reste faible et les prix de marché observés sensiblement inférieurs à la valeur potentielle.

Les noms de domaine sont chers

Dans le monde anglo-saxon, les investisseurs ont de longue date parié sur le potentiel des noms de domaine. L’afflux de capitaux a eu pour conséquence d’amener les prix de marché à des niveaux de valorisation relativement élevés. Cette situation ne s’observe toutefois pas en France et dans d’autres pays francophones, où l’accès aux capitaux pour les activités liées à l’internet est compliqué, et où la culture conservatrice ne favorise pas l’essor d’un tel marché à fort potentiel mais à visibilité limitée. En pratique, les noms de domaine en français s’échangent dans les places de marché fréquentées par les habitués pour généralement quelques dizaines ou centaines d’euros l’unité. Lorsque l’acheteur pressenti n’est pas un professionnel des noms de domaine, les prix sont toutefois sensiblement plus élevés. S’ils peuvent légitimement paraître onéreux au webmaster amateur, c’est en revanche l’insistance à choisir d’enregistrer des noms de domaine disponibles qui est susceptible de coûter très cher à une société dont l’internet est un vecteur majeur de communication ou de vente.