Des enchères viciées par un employé dévoué

SnapNames, une société américaine spécialisée dans la récupération de noms de domaine arrivant à expiration, vient de reconnaître qu’un de ses employés réalisait de fausses enchères. Explications sur ce scandale.

Il ne vous est jamais arrivé de participer à une vente aux enchères de nom de domaine pour lequel le montant demandé vous apparaissait intéressant et stable mais qui, après que vous aviez proposé une somme plus élevée, a suscité un intérêt soudain pour un tiers surenchérisseur ?

Dans ce cas, certains ont du se demander la raison de ce regain d’intérêt, avançant l’idée d’une surenchère potentiellement artificielle. Cette problématique est en effet le sujet d’une polémique dont la société Snapnames, plateforme spécialisée dans la revente spéculative de noms de domaine, faisait l’objet ces derniers temps, jusqu’à confirmation des doutes en présence par la société elle-même.

Confidentialité des enchères

Pour les novices en la matière, il convient de préciser le fonctionnement d’une vente aux enchères de nom de domaine. Certains titulaires de noms de domaine souhaitant se séparer de ces derniers moyennant finance, confient la charge de vente à des plateformes spécialisées dans ce domaine, comme Snapnames.

Cela leur évitant de devoir se préoccuper des négociations et modalités transactionnelles.
Lorsque l’on est intéressé par l’achat d’un tel nom de domaine, il faudra s’inscrire et choisir un pseudonyme afin de pouvoir participer à l’enchère.
Il permet ainsi de préserver la confidentialité de l’identité de l’enchérisseur et, assurer l’impartialité de la vente.

Un employé philanthrope

En revanche, cette confidentialité peut entrainer des abus, comme nous le remarquons en l’espèce.
Dans un communiqué adressé à tous ses clients,Snapnames confirme qu’un de ses employés agissant apparemment sous le pseudonyme « halvarez » a participé, principalement entre 2005 et 2007, à environ 5% des enchères gérées par la plateforme.

Ainsi, cet employé enchérissait sur les noms de domaine afin de faire augmenter artificiellement le montant de vente du nom de domaine. Cette pratique aurait d’après Snapnames, générée 1% de revenus supplémentaires à la société.
Le but pour cet employé n’était pas ici d’obtenir le nom de domaine mais d’obliger les participants à augmenter le montant de leurs enchères.
On peut ainsi se questionner sur les motivations de ce salarié qui en définitive, ne retirait de cette pratique aucun bénéfice financier. A-t-il agit spontanément pour dévotion envers sa société ?
De même, lorsque par malchance il gagnait une enchère, il s’arrangeait apparemment pour faire supporter à Snapnames une partie du montant de l’enchère, prenant à sa charge l’autre partie. Aucune information supplémentaire n’est donnée sur ce point.

Les participants lésés remboursés

Snapnames précise que, ne voulant être associée à cette pratique ni aux bénéfices qui en ont été retirés, fera contacter par un tiers de confiance dans les prochains jours, tous les gagnants d’enchères auxquelles ce fameux employé a participé, afin de leur offrir un remboursement de la somme artificielle versée. Snapnames versera également en dédommagement un supplément de 5.22% de ladite somme correspondant au taux d’intérêt fédéral maximal. La gestion de ces réparations sera assurée par un tiers, la société Rust Consulting.

Renforcement des mesures sécuritaires

Snapnames conclu en affirmant qu’un renforcement des mesures de sécurité a été décidé afin d’empêcher qu’un tel incident ne puisse se reproduire.
Le contrôle du bon déroulement des enchères, des transactions financières va être renforcé afin que tout comportement suspect puisse être repéré. Les employés vont également être soumis à une réglementation plus stricte.

Espérons également que les comptes de Snapnames bénéficient d’un contrôle plus accru, leur permettant de repérer le détournement de fond opéré par un de leur employé.