Pourquoi les nouvelles extensions sont retardées ?

Annoncée pour début 2009 lors du sommet Icann à Paris en juin 2008, l’apparition de nouvelles extensions qu’elles soient locales (.BERLIN, .PARIS…), culturelles, régionales (.BZH, .EUS, .CYM…), génériques (.GREEN, .MUSIC…), liées à une entreprise (.EBAY, .LOREAL…) est de nouveau retardée. Fin 2009 est le nouvel objectif officiel, à moins que… Explications de ces retards à répétition.

A quelques jours du nouveau sommet de l’Icann à Mexico (du 1er au 6 mars), l’autorité mondiale qui régule le joyeux monde des noms de domaine vient de publier une seconde version du guide du candidat. Ce document est destiné aux porteurs de projets de création de nouvelles extensions. Cette version devait prendre en compte les nombreux commentaires issus du document original. Cette V2 passera également à la moulinette de nouvelles remarques donnant naissance à une V3 prévue en juin, avant une V4 finale à la rentrée 2009
Bref, le nouvel objectif de l’Icann pour le dernier trimestre 2009 est loin d’être assuré… Surtout, ces multiples retards sont tout à fait logiques pour les simples raisons suivantes.

Un nouveau lancement a toujours pris du temps

De mémoire de professionnel de noms de domaine, la création d’une nouvelle extension ne s’est jamais faite d’un clin d’œil. Alors, plusieurs centaines ! Prenez le récent .TEL. Entre la validation de l’Icann en mai 2006 et son ouverture totale en mars 2009, le lancement du .TEL prendra presque trois ans.
Chaque création respecte également un calendrier de lancement :
– période d’enregistrement prioritaire (« sunrise period »),
– ouverture à tous au prix fort pour vendre plus cher les noms premiums (« landrush »),
– ouverture complète.
Ces trois étapes prennent au minimum un trimestre.

La révolte des titulaires de marques

De nombreux commentaires négatifs ont été publiés par les ayants droits. L’INTA (association internationale des titulaires de marques) qui rassemble 6 000 titulaires de marques de 190 pays a jugé anormal que l’ICANN ne communique pas à la communauté concernée, l’état ou le résultat des études indépendantes menées sur ces nouveaux TLD (lire notre article à ce sujet). Une des inquiétudes majeures des titulaires de marques est l’augmentation du montant des coûts et ressources que vont engendrer pour ces derniers l’introduction d’un nombre non limité d’extensions, dans le contexte actuel de crise financière.

Contexte politique américain

Par ailleurs début 2009, le Département du Commerce américain a envoyé une lettre ouverte à l’Icann exprimant son avis critique sur cette libéralisation (lire notre article à ce sujet). Un dernier pavé dans la marre avant l’entrée en fonction de la nouvelle administration Obama…

« C’est la crise »

Enfin, la situation économique mondiale a calmé les ardeurs de nombreux projets d’extensions commerciales. L’investissement financier que représente le lancement d’un TLD (plusieurs millions d’euros si l’on prend en compte tous les aspects administratifs, techniques, communication…) n’est pas à la portée de tous. Les chiffres décevants d’enregistrements de nouvelles extensions n’encouragent pas les entrepreneurs à mobiliser de telles sommes.

Le report calendaire des nouvelles extensions n’arrange pas les porteurs de projets quasi ancestraux à notre échelle comme le .BERLIN. Des équipes se sont constituées et toutes ne fonctionnent pas sur la base du bénévolat !
En 2009, les bureaux d’enregistrements de noms de domaine ne pourront pas non plus compter sur la manne d’une quelconque « sunrise period », génératrice d’un chiffre d’affaires élevé alors que chaque année précédente avait eu sa ou ses « sunrise » (.EU, .MOBI, .ASIA, .TEL…). Les entreprises pourront au moins faire cette économie en 2009 !