Les marques face aux défis des nouvelles extensions

Nous vous en parlons depuis un an. Les nouvelles extensions débarqueront progressivement l’année prochaine et bouleverseront le nommage internet traditionnel. Quelles solutions envisagent les marques pour faire prévaloir leurs droits ? Le groupe juridique de l’Icann a prévu des solutions avantageuses pour elles, beaucoup moins pour l’industrie des noms de domaine.

Souvenez-vous l’année dernière… De mémoire de professionnel de noms de domaine, jamais les noms de domaine n’avaient fait la une d’un grand quotidien économique français, Les Echos, en l’occurrence. L’objet du délit ? Le grand patron de l’Icann annonce que n’importe quel internaute pourra déposer l’extension qu’il souhaite…
Quelques démentis ou freins économiques exprimés plus tard (210 000 $ minimum, cela refroidit), le soufflet retombe pour le grand public.

Cependant, des acteurs aux reins financiers plus solides mitonnent de nombreux projets d’extensions : GeoTLD (.BZH, .PARIS, .BERLIN…) ou nouveaux TLD ouverts (.RADIO, .GREEN, .SPORT…).
Le dilemme des entreprises se situe face à cette future prolifération. Elles qui se plaignaient de devoir « subir » l’ouverture régulière de deux ou trois nouveautés annuelles (.TEL, .ME ou .ASIA récemment) risquent d’en voir plusieurs centaines dans les années à venir.
Leurs budgets plutôt à la baisse compromettent les traditionnelles réservations « sunrise period » réservées aux titulaires de marques mais aux prix forts !

IP clearinghouse

Heureusement pour les sociétés, les recommandations de « l’Implementation Recommendation Team » (IRT, le groupe juridique de l’Icann) vont plutôt dans leur sens. Voici les changements notables.
Moyennant une taxe et un statut de marque globale à définir, votre nom serait protégé dans une base de données (« IP clearinghouse ») interdisant tout dépôt frauduleux.
Autre solution, une « sunrise period » globale. Une fois le nom déposé dans un nouveau gTLD, il le serait dans les autres… Une mesure qui peut faire grincer les dents des bureaux d’enregistrements dont la « sunrise period » permet de générer des revenus conséquents. Des « registrars » à ménager puisqu’ils financent en grande partie l’Icann.

Autre changement qui ne va pas plaire à tout le monde, l’URS (Uniform Rapid Suspension System). Il s’agit d’une procédure extrajudiciaire permettant d’inactiver rapidement un nom de domaine potentiellement litigieux. C’est une alternative qui compromet le business des centres d’arbitrages tels que l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI) rémunérée via les procédures UDRP.

Ces réformes si elles sont adoptées bouleverseront le schéma traditionnel du business autour des noms de domaine. Les entreprises semblent plutôt protégées même si le coût de ces protections n’est pas encore arrêté. Qui sait ? Peut-être qu’elles auront pris le sujet à bras le corps en créant leur propre extension CorpTLD (lire notre chronique à ce sujet).

Pour en savoir plus :
Le site nouvelles-extensions.com