Logo Icann

Intégration verticale : un problème de moins

Le Board de l’Icann a tranché : les registrars pourront lancer des nouveaux projets, et les registres pourront se lancer dans la vente de leurs extensions. Les choses bougent enfin. C’est la première impression qui ressort de la décision qu’a prise le Board de l’Icann le 9 novembre. Le débat sur l’intégration verticale est enfin terminé et une décision a été prise. Passons aux prochains dossiers pour que le programme des nouveaux tlds avance. Bravo, mais quel impact a-t-elle ?

La question posée à l’origine est la suivante : peut-on autoriser des liens capitalistiques entre un registrar et un registre dans le cadre de l’ouverture des nouvelles extensions (intégration verticale ou non). Deux points de vue s’opposent, des débats ont eu lieu, en public, en privé, un groupe de travail a été créé mais jusqu’ici aucun consensus n’avait pu se dégager. Petit récapitulatif des positions :

– il faut interdire l’intégration verticale car alors la compétition peut être faussée par le registre qui pourrait diffuser de l’information privilégiée au registrar avec qui il a un lien, ou même pire, faire du front running (enregistrer les noms de domaine recherchés sur son whois). Et on pourrait imaginer qu’un registrar ne respectant pas les règles du registre ne serait pas suspendu s’il était une filiale de ce même registre, créant une nouvelle distorsion de la concurrence, voire un espace de non droit.

– il faut autoriser l’intégration verticale car sinon, on empêche des registrars de lancer de nouvelles extensions, on empêche des registres à faibles volumes de se distribuer eux mêmes s’ils n’arrivent pas à convaincre les registrars leaders du marché, et on obligerait les titulaires de marque postulant pour un corptld à laisser des registrars « non contrôlés » distribuer leur marque, ce qui n’est parfois pars cohérent avec le projet de base.

Je rajouterais un argument de poids sur ce débat qui a probablement aidé le board a décider : dans tous les cas, quel que soit la décision, il est toujours possible de la contourner par le biais de sociétés écrans ou autres systèmes à inventer… la créativité du monde des noms de domaine n’a pas de limite, et c’est bien ce qui fait son charme !

Il sera donc possible de posséder (modulo le respect de plusieurs règles) des participations croisées entre registrars et registres.

Le programme des nouveaux tlds voit donc un obstacle s’effacer, le Board maintient sa volonté d’avancer et le prochain Guide du Candidat devrait paraître ces jours-ci : c’est un signe fort, pour le programme et également pour la liberté d’entreprendre et d’innover du monde de l’internet.