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Icann 44 : Prague, flêches et CEO

On attendait beaucoup de cette réunion à Prague, à juste titre. En effet, les sujets étaient alléchants : une ville attirante, un timing idéal en terme de nouveaux tlds, l’annonce à venir du nouveau CEO de l’Icann et la libération de tous les consultants travaillant depuis des mois sur les projets Tlds.

C’était sans compter sur la capacité d’improvisation de l’Icann. En annonçant le samedi du début de la réunion la suspension de la méthode de tir à l’arc digital, l’Icann frappait fort.
Cette méthode, qui permettait de classer les candidatures à étudier en premier état très controversée et le Board de l’Icann a finalement accepté, au vu des résultats de tests techniques, de le suspendre et de chercher une nouvelle solution. Cette solution est en cours d’élaboration et fait l’objet de spéculation … mais engendre également le flou et distille un parfum de doute sur la réunion : y arriveront-ils ? Y arriverons-nous ?

Bref, une atmosphère à l’opposé de celle qu’on pouvait attendre règne. Et ce n’est pas la session de ce jour sur la mise en place de la Clearing House qui rassurera les ayants droits : cette solution a été mise en place avec une consultation minimale des registres et registrars et semble avoir encore besoin d’être peaufinée. De plus le temps accordé aux questions a été très court. D’où une certaine frustration.

Heureusement, tout n’est pas si gris dans le ciel voilé de la Bohème : un nouveau CEO a été noté, présenté, et il est né dans un pays du Moyen Orient, il parle Français, Arabe et Anglais, et est citoyen du monde. Un changement radical, même s’il a quand même la nationalité américaine. Fadi Chehadé a fait un discours d’introduction remarqué pour son humanité. Mais il sera jugé pour son efficacité. A notre question ‘pensez vous que vous arrivez à un moment compliqué ? ‘, il a répondu par un exposé de méthode et de stratégie. C’est toujours mieux que par un sourire et le cadeau d’un livre qu’il aurait écrit.

Souhaitons lui bonne chance, et espérons qu’il apportera la vision moins américano centrée dont l’Icann a besoin.

Enfin, le business continue à l’Icann, et les comité de membres (registrars et registres) se réorganisent pour faire face aux futurs nouveaux membres, les langues se délient et l’on peut enfin partager ses expériences de TAS, si l’on n’est pas accaparé, en tant que registrar, par toutes les modifications que le FBI ou interpol souhaiteraient imposer, pour faire respecter la loi du web, au mépris de la protection des données personnelles parfois. *

Prague ? Pas vraiment Bohème.