.feedback : plus polémique que le .sucks ?

Après le .sucks dont le projet a débuté il y a plusieurs années, un autre registre profite de ce modèle d’espace dédié à la « liberté d’expression » : le registre du .FEEDBACK.

Une extension dédiée aux consommateurs

Cette extension qui est actuellement en cours de lancement via la tenue d’une phase de sunrise, se veut être dédiée dans la lignée du .sucks, au recueil de ressentis de consommateurs relatifs aux services / produits proposés par une société dont ils sont clients.

C’est la raison pour laquelle le registre propose par défaut aux titulaires de noms de domaine en .Feedback l’installation du nom sur leurs propres serveurs, permettant aux titulaires de bénéficier d’une plateforme préconfigurée facilitant la publication directe de contenu.

Le registre propose un modèle pour le moins original, car si l’enregistrement d’un nom de domaine dans les conditions énoncées coute quelque dizaine d’euros (en ouverture à tous), le choix de serveurs tiers entrainera la facturation d’un montant largement plus élevé que celui correspondant à la redevance annuelle.

L’optique est donc de favoriser l’enregistrement par des consommateurs qui ne sont pas techniciens, et de pénaliser l’enregistrement d’un tel nom par le titulaire de droits qui souhaiterait l’exploiter différemment.

Une phase d’EAP qui n’en est pas une

Après la phase de Sunrise se tiendra la phase dite « EAP ». Cette phase qui se déroule sur une période de plusieurs jours, a généralement pour but de permettre à tout intéressé, sans avoir à justifier de la détention de droits, de pouvoir obtenir un nom de domaine intéressant en « avant-première » via néanmoins le paiement d’une somme qui peut parfois dépasser les 10 000 USD (dégressivité journalière des tarifs durant cette période).

Le .Feedback a décidé quant à lui d’instaurer un système hybride : après trois jours d’application de tarifs élevés et dégressifs jour par jour, il sera possible du 9 au 18 janvier 2016 d’obtenir un .feedback pour 5 Dollars, soit bien moins cher que durant la phase finale d’ouverture à tous.

Ce programme est dénommé « Free Speech Partner Program ». La cible n’est donc pas le titulaire de marques, mais bien le consommateur final. Cette procédure résultant d’un changement soudain de positionnement de la part du registre, nous ne savons pour le moment si les informations relatives au demandeur seront contrôlées et donc si un titulaire de droit sera privé de toute possibilité d’enregistrement… Il est à rappeler que le registre souhaitait initialement vendre environ 5 000 noms de domaine correspondant à des marques, au profit d’une seule entité qui aurait ensuite assurée elle-même la commercialisation.

Inattaquable via une UDRP ?

Ce qui est également étonnant et que nous apprenons de différentes sources, est que le registre estimerait que son extension serait à l’épreuve de toute procédure UDRP. En effet, le registrar estimant que toute personne qui utiliserait le nom de domaine dans le respect des conditions de ce dernier, ne pourrait pas se voir dessaisir du nom de domaine via une procédure arbitrale.

Chercher la logique…

La provocation pour les titulaires de droits va même plus loin, puisque le registre prévoit de permettre aux titulaires de droits, de pouvoir récupérer le nom (pendant les deux ans qui suivent l’enregistrement d’un nom de domaine reprenant leur marque) moyennant le paiement d’un montant conséquent : 5 000 USD !

On delà de cette surprenante pratique et si l’on suit sa logique, on peut se demander pourquoi un enregistrement qui entrerait dans le cadre de la liberté d’expression, pourrait voir sa titularité transmise unilatéralement au profit du titulaire de droits, sans qu’il ne soit nécessaire de prouver une atteinte… ! Cela parait contraire à l’esprit même du modèle porté…

Cependant, en l’absence de communication claire de la part du registre auprès de ses registrars (dont SafeBrands fait partie), nous avons contacté ce dernier aux fins d’obtention de précisions.