Consolidation chez les Registres : quel impact pour les entreprises ?

Donuts a fait une offre de rachat de son partenaire et concurrent Rightside pour 70 millions de dollars. Cette nouvelle, qui intervient cinq ans et quelques mois après l’ouverture des nouvelles extensions est un nouvel exemple de la concentration qui s’est emparée du marché. Au-delà des conséquences pour les entreprises ayant enregistré des noms dans les extensions de Rightside, le rachat aura-t-il un impact sur les futurs rounds de nouvelles extensions ? Eléments de réponse.  

Les grandes manœuvres continuent chez Donuts : le Registre qui représente plus de 200 extensions génériques de .Academy à .商店 (« boutique » en Chinois) a vu successivement son PDG Paul Stahura prendre du champ au profit d’un responsable du développement chevronné et ancien de Microsoft  et un autre co-fondateur (ancien de Neustar) Richard Tindle prendre sa retraite en mai. Si de tels mouvements sont tout à fait normaux pour une entreprise qui a débuté comme une startup avec 3 fondateurs il y a 5 ans et regroupe aujourd’hui plus de 40 salariés, le rachat de son partenaire et concurrent Rightside aura sans doute un tout autre impact.

Intégration technique pour Donuts…

Contrairement à Donuts qui est pour l’instant un simple opérateur de Registre, Rightside est avant tout un prestataire de services techniques. Concrètement, si Donuts est sous contrat direct avec l’ICANN comme Registre de ses extensions, il doit sous-traiter à un prestataire la gestion technique de celles-ci pour qu’elles soient accessibles sur Internet et à même de traiter les demandes d’enregistrement de Registrars comme SafeBrands.

Ce qui rend l’opération annoncée encore plus intéressante est que c’est à Rightside que Donuts avait confié cette sous-traitance, le contrat ayant d’ailleurs été renouvelé récemment alors même que Donuts avait étudié la possibilité de transférer la gestion technique de ses TLDs à Google, après avoir aidé cet autre opérateur de Services Techniques de Registre à finaliser son logiciel. En clair, lorsque le rachat – encore soumis à l’accord des actionnaires et à l’approbation du gendarme de la bourse américaine puisque Rightside est cotée au NASDAQ – sera effectif, Donuts deviendra totalement indépendant pour gérer ses propres extensions, y compris d’un point de vue technique.

S’agissant des extensions elles-mêmes, les 40 pour lesquelles Rightside est opérateur – de .Actor à .Video – trouveront facilement leur place dans l’offre de Donuts. Pour les détenteurs de marques, le changement de propriétaire ne devrait pas avoir un impact majeur dans la mesure où, comme Donuts, Rightside offrait le service DPML, même s’il faudra attendre que le rachat soit effectif pour s’en assurer.

Même si Donuts et Rightside étaient déjà très liés, l’absorption complète du prestataire technique de Registre n’est pas forcément une bonne chose pour les entreprises qui envisageraient de participer au prochain round.

… choix réduit pour les futurs rounds?

Même si on ne sait toujours pas quand il aura lieu, il faut constater que l’offre des prestataires techniques – qui ont, on l’a dit, un rôle indispensable dans la création et l’existence de nouvelles extensions – s’est raréfiée au cours des années. L’Australien AusRegistry a été racheté par Neustar en 2015, l’américain Minds+Machines a transféré son activité de prestataire technique à l’Anglais Nominet et en Europe le Luxembourgeois OpenRegistry a été racheté il y a quelques mois par KS Registry, filiale du Registrar Key Systems. Même si de nombreux prestataires subsistent, notamment grâce à leur activité principale (Nominet est avant tout le Registre du .UK et on prête d’ailleurs à l’ACEI du .CA des ambitions dans le prochain round, peut être inspirée par l’AFNIC qui a accompagné plusieurs indicateurs géographiques et CorpTLDs, dont des clients SafeBrands) les cartes seront certainement rebattues pour le prochain round.

SafeBrands est en contact régulier avec des prestataires techniques, qu’il va encore rencontrer à la prochaine réunion ICANN de Johannesbourg et pourra, le moment venu, aider les entreprises à faire leur choix. D’ici là, notre webinaire du 29 juin sera l’occasion de faire un point complet, n’hésitez pas à vous inscrire !