Meeting ICANN

Des progrès pour les nouvelles extensions

Ils l’avaient annoncé à Bruxelles : pour avancer efficacement sur les nouveaux tlds, le Board de l’Icann devait s’enfermer dans une pièce pour ne réfléchir qu’à ça.

Cette retraite ‘commando’ s’est donc terminée samedi avec quelques éléments importants dans le processus de délégation des nouvelles extensions.

Tout d’abord, soyons rassurés, l’Icann assure pouvoir gérer jusqu’à mille nouvelles extensions par an ! L’internet supportera cette croissance et continuera à fonctionner de façon correcte.

L’une des missions premières de l’Icann étant de garantir la stabilité du réseau et les informaticiens ayant toujours tendance à être très prudent lorsqu’il s’agit de garantir un fonctionnement technique, on ne peut que se féliciter de cette affirmation qui autorise la poursuite du programme.

Une moins bonne nouvelle pour les projets alternatifs, associatifs ou projets de société (les Corptlds), qui ont plaidé pour une réduction du montant demandé pour le dépôt d’une candidature dans le cas d’un projet à but non lucratif : l’Icann les renvoie à leurs communautés respectives en leur proposant de se faire financer en publiant leurs demandes…

On ne verra donc pas de montant variable pour une communauté réduite défavorisée ou une multinationale ne voulant enregistrer que quelques domaines sous son extension corporate.

Concernant ces CorpTLDs, le Board n’a pas abordé un point que les entreprises souhaitent voir évoluer : la possibilité pour une entreprise qui aurait un CorpTLD et qui changerait de nom de pouvoir bénéficier d’un traitement allégé (plus rapide et moins coûteux) pour créer un nouveau CorpTLD avec son nouveau nom. La pérennité des noms des entreprises, et surtout des plus grosses d’entre elles qui sont par définition les principales candidates aux CorpTLDs, est devenue plus aléatoire dans un monde ou les fusions et acquisitions sont monnaie courante avec à la clef de nombreuses nouvelles identités de groupes.

Le Board a par ailleurs dit non pour l’instant aux variantes de langages. Un concept peu parlant pour la plupart d’entre nous, habitués aux caractères latins, mais qui est crucial pour les projets asiatiques. En effet, un nouveau tld spécialisé dans le sport en chinois pourrait avoir la légitimité pour demander également sa version en mandarin. Mais tant qu’une solution technique satisfaisante n’est pas trouvée, le Board indique ne pas pouvoir trancher.

D’autres décisions sont encore à prendre, mais semblent sur la bonne voie, comme la solution globale de protection des marques. Le Board confirme que guide final devrait bien être publié pour la fin d’année, vraisemblablement en novembre.

Enfin, un ultimatum est lancé sur la question des relations entre registres et registrars, la fameuse intégration verticale : le Board demande au groupe de travail qui cogite sur le sujet depuis de nombreux mois de parvenir à une recommandation finale pour le 8 Octobre, sans quoi il tranchera lui même cette épineuse question : un registrar peut il posséder un registre ? Et vice et versa. A noter : cette question intrigue également les porteurs de projets corptlds qui n’ont pas tout vocation à vouloir utiliser la communauté des registrars Icann pour commercialiser leurs noms.

Le dossier est sur la bonne voie. Affaire à suivre donc !