Billet d’humeur d’un registrar ….

L’Icann est censé être un organisme qui coordonne et veille à la stabilité de l’internet.

C’est son rôle, c’est écrit, et il dispose d’un budget conséquent pour le faire. Mais comment se peut il que malgré toutes ses ressources, ses compétences, l’input de milliers de personnes et 13 ans d’existence, on soit encore dans l’amateurisme.

Certes de nombreuses choses fonctionnent, et c’est parfait. Mais je parle ici du programme des nouvelles extensions, celles qui vont changer le monde et le web. L’accouchement est difficile, très difficile. La compagnie pour laquelle je travaille, Mailclub a déposé pour des sociétés du CAC 40 des dossiers de candidatures.

Après quelques cahots, les dossiers sont déposés. Mais comme il y a beaucoup de dossiers (environ 2000), l’Icann ne pourra pas les lancer tous en même temps. Donc il faudra choisir des lots. Et pour le lancement d’un lot de 500 extensions, si on s’applique et qu’on prend le temps de bien faire les choses, on en a au moins pour 6 mois … donc le lancement pourrait s’étaler sur 2 ans. Alors pour choisir qui aura le droit de s’élancer sur la piste en premier, il faut départager les candidats.

L’Icann a trouvé un méthode. Et cette méthode a deux particularités :

– elle est ridicule et injuste

– elle n’est pas détaillée, ni précisée deux jours avant son lancement

Il s’agit de définir une date et une heure, de cliquer sur un bouton électronique à cette date, et celui qui a le plus petit différentiel gagne…

Des budgets de 400 000 euros vont donc dépendre d’un clic à la milliseconde près … J’adore expliquer cela à la société X, qui peut avoir du mal à comprendre ce monde.

Voila, mon métier, c’est de tenir les fondations de mes clients avec les pieds dans les sables mouvants de l’Icann, sur un volcan et garder l’équilibre.

Avec le sourire, bien sur !

Heureusement, nous ne sommes pas à l’abri d’une information ! De préférence juste avant le lancement.

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Frédéric est le directeur général du Mailclub.

Associé de la société, représentant des bureaux d’enregistrement au Conseil d’administration de l’Afnic, gestionnaire de projet, participant actif au sein de l’Icann, il est le garant du bon fonctionnement de Mailclub.

Ancien d’Euromed et de l’ESSCA, il a aussi appris, à travers Daydream, sa première société que le chemin de l’entreprenariat n’est pas un fleuve tranquille.

Sa ligne de conduite : il faut être soit à fond, soit à fond.