La révolution des caractères accentués

Plus de 20 % des extensions acceptent désormais des noms de domaine comprenant des caractères accentués comme le « é », le « ñ » ou le « ä ». Cette fonctionnalité est possible pour de grandes extensions comme le .COM, le .CN chinois ou le .DE allemand. Explications.

Quel est le point commun entre le .BV des iles Bouvet, le .CH suisse, le .IR iranien ou bien le .TH thaïlandais ?
Vous l’aurez deviné, ces « TLDs » autorisent tous l’enregistrement de noms de domaine avec des caractères non latins. Une particularité qui déroge à la règle basique de dépôt d’un domaine uniquement en caractères classiques. Désormais, plus de cinquante extensions rendent possible ce type de dépôts.

Des IDN variables en nombre et en type !

Cependant, attention : les IDN (« Internationalized Domain Name », terme anglais pour désigner ce type de lettres) autorisés sont forcément différents d’un pays à un autre. Les lettres autrichiennes ne ressemblent pas beaucoup aux idéogrammes hongkongais !

Les pays acceptant les IDNs se retrouvent principalement dans la grande Europe (Allemagne, Autriche, Danemark, Espagne, Finlande, Grèce, Islande, Israël, Lettonie, Lituanie, Moldavie, Norvège, Pologne, Portugal, Suisse, Suède, Turquie…) mais aussi en Asie (Chine, Corée du Sud, Hongkong, Inde, Iran, Japon, Thaïlande, Taiwan…) ou en Amérique latine (Argentine, Brésil, Chili, Porto Rico, Venezuela…).
Les extensions génériques sont également concernées comme les .BIZ, .COM, .INFO, .NET, .ORG…

Le nombre d’IDN acceptés fluctue également d’un pays à un autre. Six (ğ, ı, ü, ş, ö, ç) pour la Turquie, douze pour le Portugal (á, à, â, ã, ç, é, ê, í, ó, ô, õ, ú) mais jusqu’à 92 pour l’Allemagne (je vous épargne la liste complète).

Un usage à conquérir, bien que…

La part statistique des IDN reste anecdotique par rapport à l’ensemble des noms de domaine enregistrés. Elle couvre au mieux 5 % du total, cependant son dynamisme est réel et logique. Les internautes dont l’anglais n’est pas la langue maternelle sont majoritaires et il est légitime qu’ils puissent retrouver dans l’adresse URL de leurs sites internet des caractères de leur alphabet.

En France, l’usage des IDN n’est pas encore répandu. D’ailleurs le .FR n’a pas franchi le pas. Cependant, il m’est déjà arrivé plusieurs fois de me retrouver avec des interlocuteurs étonnés de ne pas pouvoir enregistrer un café.fr.
Le grand public ne connait pas toujours les règles de nommage basiques (sans IDN donc) des noms de domaine. Bonne nouvelle pour lui, quand il sera prêt, les IDN seront sûrement autorisés par toutes les extensions !