Quelles perspectives d’avenir pour le .TEL ? La réponse du registre

Fabien Chalandon, co-fondateur et Vice-Président de Telnic, le registre des noms de domaine en .TEL répond à la chronique du domaineur rédigé par David Chelly sur les perspectives d’avenir du .TEL.

Parler de perspectives d’avenir du .tel nécessite avant tout de bien comprendre les véritables enjeux de cette nouvelle extension de nom domaines : elle procure avant tout un véritable service Telecom, révolutionnaire, utilisant comme support l’extension .tel, mais ne s’y réduisant pas. Elle n’a rien à voire avec les extensions existantes, ni dans son mode de fonctionnement, ni dans ses conséquences pour le propriétaire et l’utilisateur du nom de domaine.

Jusqu’au .tel exclu, le système des noms de domaines (« DNS ») n’avait qu’une fonction, et une seule, depuis son introduction en 1995: renvoyer l’adresse IP d’une site web associé à un nom en .com ou .fr, et permettre à l’utilisateur de taper des lettres (www.mailclub.fr) pour accéder à ce site web plutôt que l’adresse IP correspondante du site de Mailclub (12 chiffres), un système nettement plus facile à utiliser. (Avant 1995, il fallait taper 12 chiffres pour accéder à n’importe quel site web, et les chances de se tromper étaient très élevées).

Bernard Pivot dirait que le DNS a « remplacé les chiffres par des lettres » pour accéder aux sites web, ce qui était déjà une révolution en 1995. Comme l’internaute ne voit pas l’adresse IP, et ne s’en sert jamais, il ne perçoit l’internet et le DNS qu’à travers le prisme des sites web, et ne peut pas concevoir que l’on puisse accéder à autre chose en tapant un nom de domaine.

Identifiant Telecom global et à vie

Avec .tel, le DNS est pour la première fois utilisé de manière radicalement différente: un nom en .tel revoit une série de points de contacts auto-gérés par l’utilisateur et cliquables pour communiquer et non un site web. Il introduit en fait la même révolution qu’a connu l’espace des sites web, mais dans un nouveau domaine: celui des Telecom. De facto, le nom en .tel devient l’identifiant Telecom global et à vie, et les informations de contacts sous-jacents perdent leur valeur d’utilité. Dans mon cas, l’important pour me joindre est de connaître « fabien.tel », qui gère tous mes points de contacts, et non de connaître tous mes numéros de téléphone, email, fax, Facebook, Viadeo etc… qui sont accessibles à tout moment sous « fabien.tel ». Une fois le nom en .tel noté, il n’est plus nécessaire de noter, voire même d’identifier les informations de contacts associées.

De même que l’internaute pour les sites web ne se préoccupe plus de l’adresse IP pour y accéder, mais de son nom en .com ou .fr, de même – et c’est notre pari – dans quelques années, l’internaute ne se préoccupera plus, et n’utilisera plus directement, les informations de contacts d’un correspondant, mais utilisera uniquement son nom en .tel pour le joindre.

C’est bien une révolution dans les Telecom, et ce d’autant que « la page contact » du .tel n’étant pas une page web, elle correspond à un contenu en moyenne cent fois moins élevé qu’une page web, et peut se télédécharger à un coût très faible voir nul sur un téléphone portable, et éviter des frais parfois considérables en roaming. Ainsi accéder aux informations de contacts de Mailclub en roaming du Mexique pour les appeler peut coûter au moins €50 pour cette simple information.

En revanche, accéder à une page en .tel ne coûte pratiquement rien, et peut même ne rien coûte dans certains cas, si l’application utilisée « contourne » le web pour accéder directement au DNS, comme c’est le cas depuis peu avec la nouvelle application que Telnic a conçu pour l’Iphone.
Une fois cette translation mentale effectuée, hors du web, dans le monde des Telecoms, on comprend un peu mieux les enjeux du.tel, qui n’ont plus rien à voir avec ceux d’un nom de domaine classique.