Le CAC 40 face au .TEL

Dernière extension lancée avant la libéralisation promise par l’Icann en 2010, les noms de domaine en .TEL ont-ils convaincu les plus grandes sociétés françaises ? Nous avons mené l’enquête auprès du CAC 40 français pour savoir qui avait succombé aux charmes de cette extension originale.

Depuis le 3 décembre 2008 et jusqu’au 2 février 2009, les titulaires de marques du monde entier ont la possibilité d’enregistrer en priorité leurs .TEL pour une durée minimale de 3 ans.
Parmi les sociétaires du CAC 40, MailClub.info interrogé la base de données du registre (*) pour savoir qui avait fait quoi chez qui… Simplement, les noms de domaine correspondant au nom de la société à l’identique (ex : total.tel) ou sa combinaison pour les noms composés (gdfsuez.tel et gdf-suez.tel) ont été testés.

58 % de noms disponibles

Premier constat, seuls dix-sept membres du CAC 40 ont déposé une demande prioritaire pour leur .TEL !
Simple oubli (attention, il ne reste plus que dix jours) ? Désintérêt total ou défiance envers l’industrie du nommage internet qui invente tous les quatre matins de nouvelles extensions ?

Toujours est-il que les absents sont nombreux. Axa, BNP Paribas, Dexia, EADS, LVMH, Peugeot, Schneider Electric, Vallourec… n’ont pas déboursé les quelques centaines d’euros nécessaires pour protéger leurs noms de société dans ce nouveau TLD.

Pour les autres (et il y en a tout de même !), leurs demandes ont soit été acceptées (68 %) ou en attente de la validation de l’agent de… validation. 32 % des dossiers soumis sont ainsi en « stand-by » comme Accor, Alstom, EDF, Lagardère ou Renault.

Le CAC 40 sous le giron des bureaux d’enregistrements français

Quel prestataire domine le marché des .TEL français ? Allez, ne craignons pas de citer des confrères. Bien-sûr, il y a le marseillais MailClub, société qui édite notre site d’information. On retrouve également l’angevin Nameshield, le parisien Indom et le lillois NordNet.
A eux quatre, ces « registrars » français représentent 60 % des demandes de .TEL soumises.

Les fleurons des sociétés françaises restent encore gérés par des prestataires français, même si la percée de grands acteurs anglo-saxons est perceptible.

Les chiffres globaux du .TEL (10 000 demandes effectuées au niveau mondial lors de la première journée d’ouverture) confirment les résultats de mon enquête franco-française. Le .TEL n’a pas encore convaincu les entreprises.

Pour reprendre la sémantique du poker, les résultats sont donc décevants au flop correspondant à la « sunrise period » en cours. L’avenir du .TEL se jouera à la « turn » du « landrush » prévue le 3 février, avant la « river » vérité que représente l’ouverture à tous programmée le 24 mars 2009.

(*) Enquête réalisée le vendredi 16 janvier 2009