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Les belles opportunités d’enregistrements de domaines en .FR


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Comme nous l’avons détaillé dans un précédent article en fin de semaine dernière, le nouveau cadre juridique du .FR a eu comme effet direct de rendre caduque la fameuse et ancienne liste des « termes fondamentaux » interdits à l’enregistrement.

Une liste bien étrange…

Au crépuscule de sa vie, il est bon de rappeler ce qu’a été cette liste, qui nous est toujours apparue assez étrange et bien française dans sa conception et sa mise en oeuvre !

Fossile de la charte de nommage de l’AFNIC, charte qui n’a cessé de s’assouplir au fil des années, cette liste comporte les termes interdits à l’enregistrement (cliquez ici pour visualiser la liste sur le site de l’Afnic). Elle est un joyeux fourre tout sans réelle logique autre que celle totalement subjective de ses créateurs. On y retrouve 1612 mots regroupés en 13 catégories : Crimes (207 mots), Infraction (263 mots), Libertés (144 mots… tiens, moins que crimes!), Organismes Internationaux (41 mots), Organismes internet (17 mots), Pays (246 mots), Professions Règlementées (110 mots), Protocoles internet (84 mots), Santé (122), Structures (62 mots), Valeurs (60 mots… ça fait peu de valeurs !), gTLD (24 mots), Etat (233 mots, soit 4 fois plus de la catégorie Valeurs), et la fameuse liste des communes de France, dont les noms en .fr sont protégés afin que personne ne s’amuse à leur piquer.

A propos de ces communes, on est en droit de se demander si trop de protection n’a pas un effet pervers de sentiment de sécurité : cette ultra protection a en effet incité seulement 27,7% des communes à enregistrer leur .FR (selon notre calcul en utilisant les outils de recherche Whois du Mailclub) ! Plus de 70% des communes n’ont pas leur domaine, c’est à faire peur en 2011 même si certaines on tout de même un site internet… en .com !

Quelques exemples suffisent à illustrer notre étonnement sur ce qu’est un « terme fondamental »…

La catégorie Crimes est dominée par la lutte contre les termes liés au 3ème Reich. Elle a dû être faite avant la publication des archives de l’ex-URSS car goulag.fr est parfaitement autorisé. Fusil en fait partie, revolver aussi, mais pas pistolet ! Le révisionnisme est interdit, mais pas le négationnisme, subtile nuance…

Dans la catégorie Infractions, l’exhibitionnisme est interdit, mais pas les exhibitionnistes, de même que l’escroc est autorisé alors que l’escroquerie est prohibée… On y retrouve aussi des mots étonnants comme « scelerat » (sans accents.. on parle du .FR!).

On pourrait faire le même constat dans toutes les catégories, tant rien n’est logique dans une compilation aussi hétérogène et dénuée de logique. La « grève » et le « travail » sont logés à la même enseigne : interdits en .FR, tout comme la « propriété » ou les « syndicats ». Même la « mort » y passe : pas de ça chez nous !

Un processus d’attribution contrôlé

Au delà du contenu, le principe même d’une telle liste, par définition totalement subjective, est très étonnant… et il nous apparait comme parfaitement normal qu’elle disparaisse.

Néanmoins, histoire de laisser nos politiques et nos fonctionnaires continuer à exercer leur pouvoir absolu, il faudra se justifier pour les enregistrer… magnifique retour du subjectif dans le process d’attribution de ces domaines « libérés » !

Personne ne sait encore avec précision ce qu’il faudra prouver pour faire valoir son « intérêt légitime » et sa « bonne foi » pour prétendre à tel ou tel domaine. Un site de rencontres pourra-t-il prétendre à exhibitionnisme.com? Une armurerie sera-t-elle légitime pour avoir arme.fr, ou faudra-t-il être une association de lutte contre les attaques à main armée? Mort.fr pourrait intéresser la maison Roblot. L’antériorité d’un domaine permettra-t-elle au site societe.com de récupérer societe.fr et Yves Saint Laurent pourra-t-il à titre posthume devenir titulaire de son poison.fr ?

Pire… la ratp sera-t-elle autorisée à mettre en avant le risque de typosquatting pour faire rediriger rapt.fr sur ratp.fr?

De nombreuses questions restent sans réponse. Nul doute que l’Afnic aura du travail et que l’étude des demandes comportera quelques perles. C’est en tout cas une opportunité unique de récupérer des termes descriptifs pour des activités préalablement mise au ban du nommage français. Il y a des pépites, et à moins d’être très menteurs ou convainquant, les domaineurs et spéculateurs de tous poils seront exclus de ce process d’attribution.

Les équipes du Mailclub sont fin prêtes pour vous accompagner dans la constitution des dossiers de demandes, mais il faut faire vite : l’ouverture est dans 10 jours ! Renseignements par téléphone ou mail auprès de votre chargé de clientèle attitré, ou au +33 (0)4 88 66 22 18 / domaines@mailclub.fr.

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