Le potentiel du .fr

Jean-François Mayer, participant des 1ères Rencontres Internationales des Noms de Domaine, dresse un compte rendu de cette convention.
Il revient aujourd’hui sur le deuxième atelier du lundi 26 janvier concernant le .FR et le second marché.

Outre les extensions dites génériques (à comprendre ici comme générales, non nationales), que faut-il penser des extensions nationales, en particulier le .fr ? Frères jumeaux, responsables de l’Agence de communication Tactique (sans relation bien sûr avec NameTactic, qui en a découvert l’existence lors des RINDD!), Antoine et Mathieu Samakh affirment – et ils ne sont pas les seuls – que les domaines en .fr ne sont pas simplement une solution de repli pour ceux qui sont arrivés trop tard pour enregistrer un nom en .com ou dans une autre extension mondiale (.org, .net, .info).

Crédibilité nationale

Certes, la saturation du .com favorise le développement des extensions nationales, mais le .fr offre aussi une crédibilité nationale, outre la vraisemblance d’y trouver un contenu francophone. A terme, estiment-ils, le .fr aura une valeur de confiance localement plus grande que le .com.
Loic Damilaville, adjoint du directeur général de l’AFNIC, met également l’accent sur la dimension d’appartenance et de proximité associée en France au .fr.

Quant à Olivier Andrieu (Abondance.com), du point de vue du référencement par les outils de recherche, il voit l’intérêt des extensions nationales pour des marchés géographiques précis. Il souligne en outre le potentiel des moteurs de recherche thématique ou régionaux.

Les possibilités de développement du .fr restent nombreuses, si l’on songe qu’il y a 1,3 millions de noms enregistrés, en comparaison avec les 13 millions de .de en Allemagne.

Records de vente en .FR

L’impossibilité d’achat de .fr pour des personnes non résidentes ou représentées en France a contribué à cette situation, même si la limitation nationale n’est pas un obstacle pour de grands acteurs. Remarquons d’ailleurs ici que, dans la communauté des domaineurs présents, l’intérêt pour les extensions nationales et leur potentiel s’affirmait assez largement.

Selon Rémy Sahuc (Sedo), les ventes de .fr sur la plate-forme Sedo ont connu une progression révélatrice, passant de 31 transactions en 2006 à 89 en 2007 et 259 en 2008, même s’il ne s’attend pas à une poursuite de l’explosion, mais plutôt à une stabilisation prochaine à une « vitesse de croisière ». En 2008, les transactions de NDD .fr sur Sedo ont atteint un total de 741.091 €. Les records ont été auto.fr (100.000 €), voitures.fr (50.000 €), comparer.fr (30.000 €). Il ne s’agit ici que des ventes Sedo, qui n’incluent pas les transactions directes, dont certaines ont atteint des montants beaucoup plus élevés…

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A propos de l’auteur :
Jean-François Mayer (www.mayer.info), historien suisse, est un chercheur spécialisé dans l’étude des phénomènes religieux contemporains. Il dirige actuellement l’Institut Religioscope (Fribourg, Suisse) et le site www.religion.info. Son dernier livre est intitulé Internet et Religion (Ed. Infolio, 2008). J.-F. Mayer s’intéresse aux noms de domaine depuis le lancement de l’extension .info en 2001. En 2009, il a créé un petit site pour la vente de certains de ses NDD et d’autres projets liés aux NDD, www.nametactic.com

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