Le .fr accrédite ses registrars en 2012 : premier bilan

L’état l’a validé l’an dernier, c’est décidé, pour enregistrer des .fr en 2012 il faudra être accrédité par l’Office d’Enregistrement. C’est à dire qu’il ne suffira plus de signer la convention Afnic pour enregistrer des .fr mais qu’il faudra montrer patte blanche et démontrer sa connaissance du métier.

On ne peut que se réjouir de la direction prise : vers la professionnalisation. En revanche, les critères retenus auraient finalement, d’un point de vue personnel, pu être plus élevés. D’autres les trouvent trop hauts. Certains leur reprochent leur existence. Bref, nous sommes en France, il y a eu débat.

Qu’à cela ne tienne, plus de compétences et moins de charlatans, ne peut qu’être bénéfique pour les professionnels des noms de domaine. Et le dossier a été publié fin novembre, pour que les registrars puissent se faire accréditer avant le 31 décembre.

Mailclub a été accrédité (ce n’est pas une surprise), d’autres également et 2012 s’annonce intéressant pour le panorama français de l’industrie des noms de domaine. (Et n’oublions pas les nouveaux Tlds).

Retour sur le premier pré-bilan post-réveillon de la campagne d’accréditation avec Isabel Toutaud, responsable du programme d’accréditation à l’Afnic .

MCInfo : Depuis le début de l’année, un bureau d’enregistrement doit être accrédité par l’Afnic. Quelques jours après la date butoir, pouvez vous nous dire comment s’est passée l’opération ?

Malgré la date butoir du 31 /12/11 prévue par la loi, les opérations d’accréditation sont toujours en cours . Nous n’avons pas reçu tous les dossiers des bureaux d’enregistrement ; certains ont demandé un délai supplémentaire, d’autres n’ont pas pris la mesure de cette nouvelle obligation.

MCInfo : Avez vous déjà quelques chiffres sur le nombre de registrars accrédités ? Y a t il eu des dossiers refusés ?

Nous avons reçu à ce jour 327 dossiers. Nous en avons accrédité 61. Il y en a 71 en attente de pièces consécutifs à l’examen de fond.
Pour les autres, il s’agit de dossiers incomplets et en attente de pièces complémentaires consécutifs à l’examen de forme, ou des dossiers complets en attente d’examen de fond.
Pour le moment aucun dossier n’a été refusé. Compte tenu qu’il y avait environ 800 bureaux d’enregistrement sous contrat en 2011, nous pensons que bon nombre de dossiers ne nous sont pas encore parvenus.

Nous allons continuer à traiter les dossiers réceptionnés et ceux à venir encore quelque semaines avant de relancer ceux n’ayant pas encore fait part de leur intention – conformément aux dispositions de la loi.

MCInfo : Que va apporter concrètement cette accréditation aux utilisateurs finaux ?

Connaître plus précisément les bureaux d’enregistrement qui proposent leurs services, clarifier l’offre, pouvoir choisir son bureau d’enregistrement en fonction de critères spécifiques, être assurés d’avoir face à soi des professionnels dotés des compétences minimales exigées par la loi.

MCInfo : Pourquoi ne pas avoir mis en place cette accréditation plus tôt ?

Un dossier qui a été régulièrement au centre des débats au sein de l’association mais qui n’a jamais abouti. Il a été difficile de trouver une base pour l’ensemble des bureaux d’enregistrement acceptable par chacun
Les bureaux d’enregistrement montrent des profils très hétérogènes et certains critères posés par la loi ont été difficiles à appréhender par certains d’entre eux.

Je pense par exemple aux bureaux d’enregistrement dont l’activité principale est de déposer des noms de domaine pour eux mêmes ou pour leurs filiales – et qui n’ont donc pas de public au sens de la loi, ni de prix à afficher.
Je pense également aux bureaux d’enregistrement étrangers pour lesquels la conformité à la loi de janvier 1978 dite  » Informatique et libertés » est problématique.

MCInfo : Si l’on se base sur un vécu au niveau Icann, on se rend compte que le contrat d’accréditation est parfois vu par les représentants des Etats, des agences légales ou de la propriété intellectuelle comme un moyen de réguler, via le bras des registrars, une partie de la cybercriminalité. Pensez vous que cela puisse arriver pour le .fr et ses registrars ?

N’étant pas dans le secret des dieux , je ne puis assurer ou démentir d’ailleurs que la volonté des représentants de l’Etat , des agences de PI soit d’utiliser l’accréditation comme un outil de régularisation de la cybercriminalité.
Mais la lutte contre la cybercriminalité pouvant revêtir plusieurs aspects, il serait compréhensible que certains désirent utiliser tous les moyens à disposition pour y parvenir.

Je rappellerai seulement que tous les bureaux d’enregistrement qui proposaient du .fr jusqu’à l’année dernière étaient sous contrat avec l’AFNIC et devaient respecter un certain nombre d’obligations dont certains engagements relatifs au respect de la charte, au respect de procédures techiques… Ce qui était en soi déjà une volonté de l’AFNIC d’intervenir et de réguler un peu les pratiques.
En 2012, avec l’accréditation, le changement s’installe dans la continuité
car ce contrat continue de s’appliquer à tous les bureaux d’enregistrement accrédités.

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Propos recueillis par Frederic Guillemaut.
Frédéric est le directeur général du Mailclub.

Associé de la société, représentant des bureaux d’enregistrement au Conseil d’administration de l’Afnic, gestionnaire de projet, participant actif au sein de l’Icann, il est le garant du bon fonctionnement de Mailclub.

Ancien d’Euromed et de l’ESSCA, il a aussi appris, à travers Daydream, sa première société que le chemin de l’entreprenariat n’est pas un fleuve tranquille.

Sa ligne de conduite : il faut être soit à fond, soit à fond.

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