Rencontres du troisième type

Les premières rencontres internationales des noms de domaine se sont tenues en début de semaine à Paris. L’occasion de réunir le premier marché des noms de domaine avec le second (soit le fait de racheter un nom de domaine déjà enregistré). Un marché particulier puisque l’occasion y est plus cher que le neuf…

A la découverte des domaineurs

Le bureau d’enregistrement, MailClub, et la place de marché, Sedo ont eu l’ambition de se faire rencontrer les gestionnaires de noms de domaine en entreprises, des juristes spécialisés et les fameux « domaineurs », sorte d’entrepreneurs de l’immobilier virtuel, titulaires de plusieurs centaines voire milliers de noms de domaines descriptifs…

Et cela a pris. Les appréhensions sont tombées. Des ventes records (une transaction à sept chiffres pour un célèbre jeu à la mode en .FR) ont été ouvertement évoquées. Des discussions pour des transactions ont été entamées. Des liens jugés impensables ces dernières années se sont tissés. On a même vu dans la même salle un représentant de l’Agence du patrimoine immatériel de l’État discuter paisiblement avec le titulaire de France.com.

Pourtant, on pouvait imaginer une certaine défiance des entreprises envers les « domaineurs ». Certains représentants ont flirté avec des pratiques litigieuses (cybersquatting) dans le passé. Le marché s’assainit. La jurisprudence a aussi fait son travail. Désormais, des portefeuilles de noms génériques colossaux se sont constitués. Personnellement, j’ai été surpris d’apprendre que tous les « domaineurs » ne cherchent pas à vendre coûte que coûte leurs noms de domaine.
Bien sur, si une belle proposition leur est transmise, ils l’étudieront. Pas question toutefois de brader des noms qu’ils considèrent tous comme un véritable investissement. Après tout, la vente de 4×4.fr (16 000 €) ne dépasse pas le prix d’acquisition d’un réel véhicule de ce type. Les « domaineurs » sont persuadés de la forte valeur économique de leurs noms. Ils estiment que les noms francophones qu’ils détiennent sont sous-évalués et qu’ils prennent chaque année une valeur supplémentaire.

Prendre des positions avant ses concurrents

Mais, quel intérêt pour les entreprises d’acquérir de tels noms descriptifs ? Sans occulter leur communication marque, le développement de plusieurs sites spécialisés produits permet aux entreprises de multiplier les portes d’entrées sur leur site. Tous les intervenant s’accordent à dire qu’un bon de nom de domaine descriptif bien utilisé, ne peut que booster un référencement.
Si toutes les sociétés n’ont pas les moyens ou le temps de développer ce type de mini site, elles peuvent d’ores et déjà prendre des positions en déposant sur le premier marché des noms descriptifs encore libres correspondants à leurs produits… ou bien en rachetant sur le second marché des noms détenus par des « domaineurs » à des montants encore abordables.

Après tout, une entreprise pourra s’entendre beaucoup plus facilement avec un « domaineur » pour racheter un nom générique, qu’avec son principal concurrent si ce dernier l’a déjà récupéré !

Durant ces deux jours, un tour d’horizon complet a été effectué autour des noms de domaine : nouvelles extensions, référencement, problématique juridique, second marché… J’ai été comblé par la qualité des échanges (formels et informels) entre de multiples participants d’horizons variés. De purs moments de bonheur pour un « accro » comme moi. De quoi nourrir des semaines d’articles.