Les litiges noms de domaine les plus « hots »

Certains enregistrements de noms de domaine parfois abusifs sont plus « chauds » à régler que d’autres. Je parle du « Porn Squatting », soit le détournement d’un nom de domaine vers du contenu adulte. Des litiges un peu plus épicés qu’à l’accoutumée et qui sont parfois plus difficiles à régler. Explications.

C’est l’été, la température a déjà beaucoup grimpée et voici que votre rapport de surveillance hebdomadaire de noms de domaine qui détecte les adresses proches de votre marque vous propose un « porn squatting ». Et oui, pas de liens sponsorisés traditionnels qui détournent votre trafic naturel vers des publicités de concurrents. Non, rien de tel sur ce nom de domaine torride qui révèle des poses on ne peut plus lascives.

Passé les quelques gouttes de sueur intempestives qui vous glissent dans le dos, vous commencez à prendre conscience de ce nouveau litige. Vous croisez également les doigts pour que votre administrateur système ne croie pas que votre visite sur ce site érotique révèle une personnalité lubrique. Les rumeurs vont si vite.
Une rapide recherche dans Google vous apprend que vous n’êtes pas la seule société touchée. Même la maison blanche américaine a pendant longtemps vu son whitehouse.com détourné vers un site porno.

France2.com, le lubrique qui dure

Plus inquiétant, la longue histoire de france2 et france3.com. Depuis plusieurs années, ces noms de domaine se transforment en site luxurieux au gré des semaines. Le titulaire, un coréen, réclame plusieurs millions de dollars pour ses noms de domaine quand France Télévisions ne fait que l’attaquer sur le terrain juridique, et perdre ! Après tout, associer un nom d’un pays à un chiffre est-il en soit litigieux ? Surtout pour un coréen qui ne connaît peut être pas les Pujadas & Co. Et ne parlons pas du risque de confusion. Vous vous inquiétez quand même : est-ce que je vais pouvoir récupérer ce domaine ?
Vous notez tout de même de vérifier si votre ado ne passe pas trop de temps sur france2.com au lieu du .fr.

Au fil de vos recherches, vous découvrez que le « porn squatting » touche même les noms de domaine avec des caractères accentués. BonjourQuébec.com avec le « é » a ainsi été détourné en défaveur du site touristique officiel du gouvernement du Québec. De quoi attirer des touristes salaces.

Autre affaire subtile, l’exploitation de batondeberger.com qui parodiait le slogan du célèbre saucisson « Il n’y a pas d’heures pour en sucer… ». Raffiné, je vous avais prévenu. Au moins, la marque n’a pas eu de mal à récupérer le nom litigieux devant l’OMPI.
Le « porn squatting » sait faire preuve d’imagination. Prenez 3cuisses.com, dédié durant quelques jours à l’entrejambes de femmes matures.
Le « porn squatteur » suit également les personnalités, même politiques. En pleine campagne présidentielle française, mariesegoloneroyal.com (nom de naissance complet de la candidate socialiste) a renvoyé vers lesexemature.com ! Suite à ma chronique (la première ! dans 01net) et à sa médiatisation, le lien a rapidement été désactivé.

En matière de « porn squatting », la règle est d’agir vite.

Face à de telles atteintes, les bureaux d’enregistrements sont réactifs, les juges également, ainsi que les petits malins qui comprennent rapidement leur bêtise coquine. Attention donc à ne pas trop laisser trainer la situation au risque que certaines perdurent pour que le chaud été dure toute l’année.