Après la vente de noms de domaine, la vente de Pages de réseaux sociaux

Créer une Page sur un réseau social, afin d’y attirer des « fans », est d’une facilité déconcertante. Avant de lire cet article, nous vous conseillons de lire notre page pour éviter le cybersquatting de votre username et optimiser votre stratégie e-media avec notre outil d’audit et de veille en médias sociaux.

Etapes pour créer une Page Facebook

Si l’on prend l’exemple du réseau social Facebook, il suffit de suivre les étapes suivantes :

-Cliquer sur l’onglet « créer une page », situé en bas à gauche de votre page d’accueil,

-Choisir le type de page que vous souhaitez créer : « lieu ou commerce local », « entreprise, organisme ou institution », « marque ou produit », « artiste, groupe ou personnalité publique », « divertissement », « cause ou communauté »,

-Si l’on choisit de créer une page sur le sujet « marque ou produit », il faut ensuite choisir la catégorie dans la liste donnée par le réseau social,

-Inscrire le nom de de la marque ou du produit,

-Accepter les « conditions applicables aux pages Facebook »,

-Et cliquer sur le bouton « démarrer ».

Aussitôt dit, aussitôt fait, la page est désormais créée.

« Les conditions applicables aux Pages » Facebook

Si l’on s’en tient aux « conditions applicables aux pages Facebook », dans sa dernière version du 17 décembre 2012, seul le titulaire d’une marque, par exemple, peut créer une Page Facebook sur sa marque, aucune vérification n’est, a priori, effectuée. Autrement dit, n’importe qui peut créer une Page Facebook sur une marque enregistrée, effectuant ainsi une exploitation frauduleuse de cette marque.

En effet, selon les paragraphes I. A. et B. des conditions susmentionnées, « seules les personnes autorisées peuvent gérer une Page pour une marque, une entreprise ou une personnalité ».

Mais « tout utilisateur peut créer une Page pour exprimer son support ou son intérêt pour une marque, une entreprise ou une personnalité, à condition qu’il n’y ait aucune confusion possible avec une Page officielle et qu’elle n’enfreigne pas les droits d’autrui ».

Les « conditions applicables aux pages Facebook » prévoient également, au paragraphe II. A., que « les noms et adresses des Pages Facebook doivent en représenter les contenus. Nous pouvons retirer les droits d’administration ou vous demander de changer le nom ou l’adresse d’une Page Facebook en infraction. Le nom d’une Page doit : ne pas contenir uniquement des termes génériques (comme « bière » ou « pizza ») (…) et ne pas inclure de descriptions superflues ou de qualifiants inutiles ».

Enfin, Facebook a précisé qu’il se réservait le droit de refuser ou de retirer des Pages à sa seule discrétion.

Toutefois, compte tenu du fait que ce réseau social compte aujourd’hui plus d’un milliard d’utilisateurs, il est évident qu’il ne va pas « s’amuser » à vérifier une à une les Pages qui sont créées chaque jour… et que bon nombre de Pages litigieuses seront alors créées et exploitées.

Le monnayage des Pages

Une fois créée, la Page est bien souvent monnayée.

De manière générale, l’éditeur décide, dans un premier temps, d’inclure des liens sponsorisés sur sa Page afin d’en obtenir des revenus. Il s’agit en quelque sorte d’un corollaire de la page parking.

Dans un second temps, l’éditeur peut décider de mettre sa Page en vente, étant entendu que plus la Page possède de « fans » et de « j’aime », plus sa valeur sera élevée.

Comment récolter du trafic ?

Pour récolter « fans » et « j’aime », une nouvelle pratique frauduleuse a été détectée. Il s’agit du « like farming », pratique qui se retrouve à travers diverses méthodes dont notamment la publication d’une image comprenant un texte du genre « cliques sur j’aime pour voir ce que ça fait » ou « je fais telle chose en échange d’un nombre déterminé de j’aime »…

Par exemple, la Page Facebook « Yelling at the car in front of you » compte désormais plus de 515.154 j’aime et a pour sujet « Share 5 Different Posts on Page, And Get Chance To Be Admin ! » (« Partage 5 Publications différentes sur cette Page et accède à la chance d’en devenir administrateur »).

L’illustration la plus marquante en la matière est celle de la Page « Mallory », dédiée à une enfant atteinte de la trisomie 21 et ayant récolté plus de 3,5 millions de « j’aime ». L’éditeur de la Page se prétend être la sœur de l’enfant et demande aux utilisateurs de Facebook d’aimer sa Page afin de montrer à sa sœur qu’elle est jolie. En réalité, Mallory n’existe pas, la photo représente une petite fille dénommée Katie et a été publiée à l’insu de sa volonté et de celle de ses parents. Une interview de la mère de la fillette nous est donnée par le site Internet news.com.au. Aux Etats-Unis, cette pratique est dénommée « cyber impersonation », en France, il s’agit du vol d’identité numérique. Cette pratique est en général très sévèrement punie par les juridictions.

Enfin, la mère de l’enfant a déclaré avoir contacté Facebook à ce sujet mais ne jamais avoir obtenu de réponse… Comme quoi, c’est bien d’avoir des conditions d’utilisation mais encore faut-il savoir les appliquer, notamment dans de tels cas d’atteintes…

Concernant la vente des Pages réseaux sociaux, il s’agit d’une pratique en expansion attirant l’intérêt de bon nombre d’internautes. En effet, au vu de nos recherches, différents forums parlent de ce type de vente et donnent les coordonnées de potentiels vendeurs. D’autres vendeurs n’hésitent pas à intituler leur Page « For Sale », tel que par exemple la Page « Blog For Sale » ou « Facebook Fan Page For Sale », à poster un commentaire sur une page web, par exemple concernant la Page « Fun for everyone », ou à vendre une Page en relation avec un évènement récent tel que les attentats de Boston.

D’autres proposent même la vente de « likes » and « followers ».

Comment agir ?

Au vu de ce développement, il apparaît évident que n’importe quelle entreprise ou marque peut aujourd’hui être sujette à la création d’une Page de réseaux sociaux. Ces derniers sont de plus en plus utilisés par les internautes, que ce soit à titre de divertissement ou à titre d’information sur une marque ou un produit, par exemple. En effet, bon nombre d’utilisateurs préfèrent aujourd’hui poster un commentaire sur une Page afin d’obtenir des informations sur la marque ou le produit plutôt que de se rendre sur le site Internet officiel de la marque ou du produit afin d’y dénicher l’adresse email pour envoyer une demande.

Toute entreprise ou toute marque peut donc être sujette à la création d’une Page enfreignant ses droits.

Si l’on prend l’exemple de la marque « IBM », le moteur de recherche Facebook nous propose plus de 90 résultats reprenant cette marque. Or, il est évident que la marque « IBM » ne possède pas 90 Pages Facebook officielles… De plus, rien ne nous dit que la Page « IBM » suivante, qui nous semble être la Page officielle l’est réellement…

Il faut donc faire attention à ce type d’atteinte.

Pour éviter une telle situation, le Mailclub vous conseille de mettre en place, de manière préventive, une surveillance de réseaux sociaux permettant de relever, chaque semaine, les Pages réseaux sociaux reprenant le terme à surveiller.

Il est certain que de telles pratiques vont se développer fortement dans les prochains mois alors n’oubliez pas « mieux vaut prévenir que guérir » !

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Article écrit par Myriam Gribelin

Myriam est juriste au sein du département juridique du Mailclub. Titulaire d’un Master 1 Droit Économique et des Affaires ainsi que d’un Master 2 Droit de la Propriété Intellectuelle et des Nouvelles Technologies, elle maîtrise les problématiques liées aux marques et aux noms de domaine. Elle est joignable par mail à legal@mailclub.fr pour tout renseignement sur les services proposés par son département.

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