nom de domaine en .EU

Une histoire de coûts ?

Le risque de net-squatting est essentiellement lié à l’accessibilité de l’extension. Cette accessibilité dépend du prix de vente, des règles d’attribution et des éventuelles conditions techniques.

Le prix de vente des noms de domaine varie de quelques euros à plusieurs centaines d’euros. Il est bien évident qu’un nom de domaine commercialisé 30 euros a plus de chance de tenter un cybersquatteur qu’un nom à 400 euros.

Dans la même logique, un nom dont le dépôt ne demande aucun justificatif, pas de présence locale et dont le processus de réservation est automatisé augmente les risques de net-squatting. Les contraintes techniques quant à elles, peuvent résider dans la localisation des serveurs de noms ou le niveau d’exigence dans la configuration des serveurs DNS.

En fonction de ces éléments, MailClub propose un classement en quatre groupes :
– 1.Extensions très risquées
– 2.Extensions risquées
– 3.Extensions à risque moyen
– 4.Extensions à risque faible

Au-delà de ces aspects strictement liés à la nature de l’extension, le risque est fonction de facteurs externes : notoriété de la société et des produits, actualité relative à l’entreprise, etc.
Ainsi, les marques peu connues à l’étranger ont moins de chance d’être net-squattées que les marques à forte notoriété.
L’actualité du moment peut également augmenter ce risque. L’exemple du fameux « jeboycottedanone » est démonstratif.

De la même façon, on imagine le risque élevé de cybersquatting chez les compagnies pétrolières (suite à une marée noire par exemple), ou pour les groupes accusés de détournement fiscal, les VIP qui défraient la chronique, etc.

Les types de préjudices encourus

Lorsqu’un nom de domaine est déposé par un tiers qu’il soit légitime ou non, les préjudices encourus peuvent être très variés. Ces préjudices dépendent en partie de l’usage qui est fait de ce nom de domaine.
Un nom déposé mais non actif (page 404, par exemple) limite le préjudice à la monopolisation de l’espace internet et au détournement de trafic. Contrairement aux marques, il n’est pas possible de réserver un nom dans plusieurs classes de produits. C’est le principe d’universalité qui constitue l’un des principes majeurs d’Internet. Peu importe l’ordinateur, le lieu géographique, la langue, une seule et même requête conduit à un seul et même résultat visible par tout le monde.

Cet espace occupé ne l’est donc pas par une autre entreprise. L’entreprise ayant réservé ce nom détourne par la même occasion le trafic qui pourrait vous être destiné.
Dans le cas où le nom réservé est actif, c’est-à-dire qu’il « pointe » vers un site, la situation est plus gênante notamment lorsque ce site est celui d’un concurrent, d’un contrefacteur ou pornographique…
Dans ce cas, le préjudice porté est une atteinte aux droits des marques ou à l’image de l’entreprise.

Les implications financières

Les coûts de recouvrement d’un nom de domaine sont extrêmement variables
– Procédure UDRP : environ 1500 dollars + frais avocats
– Procédure spécifique à la registrie
– Procédure judiciaire classique
– Le rachat du domaine
– La veille de retombée dans le domaine public

Les politiques d’attaque de noms de domaine cybersquattés doivent nécessairement être limitées étant donné le nombre important d’extensions.

La plupart des sociétés tentent uniquement de récupérer les noms de domaine prioritaire dans la stratégie de dépôt. Pour le reste, il s’agit surtout de défendre les noms cybersquattés pour lesquels le titulaire a développé un site, ainsi que tout usage des marques sur des sites sans autorisation dans la mesure où il y a diffamation ou autre atteinte.

Ainsi, pour les domaines ne renvoyant pas à un site, il est concevable de ne faire aucune démarche d’attaque. On peut en effet compter sur le fait que le cybersquatteur abandonnera de lui-même ce nom au bout d’un certain temps.