Typosquatting en .fr, un phénomène si particulier

L’enregistrement de noms de domaine potentiellement litigieux en .fr a changé de visage. Les enregistrements massifs de .fr typosquattés par des sociétés spécialisées ont disparu au profit de dépôts effectués par des particuliers dont l’identité reste anonyme. Un phénomène important, qui représente plus de 7 % des .fr ayant comme titulaire un particulier.

femmeacuelle.fr, skurock.fr, thomascoock.fr, toy-s-rus.fr, wwwkadeos.fr, bouyguestlcom.fr, meteorance.fr, leromerlin.fr, creditagrcole.fr, larecoute.fr, caisseeepargne.fr, magasincarrefour.fr, ikkea.fr, wwwnrj12.fr, natureetdecouvert.fr, tf1jeu.fr, wwwfrance-5.fr…

Voici quelques exemples puisés dans une liste de 300 .fr enregistrés uniquement la semaine dernière par des particuliers (sur un total de 4 300), dont les données sont non publiques. Ces noms de domaine sont parqués vers des liens publicitaires en rapport avec la marque typosquattée.

L’enregistrement par série de ce type de .fr, les bureaux d’enregistrements concernés par ces dépôts, le système de parking utilisé, laissent penser que derrière ces enregistrements particuliers se cachent en partie des sociétés spécialisées dans le typosquatting.

Interdiction de diffuser les données personnelles

Désormais, elles peuvent se cacher derrière la sacro sainte protection des données personnelles. Conformément aux instructions de la CNIL, ni l’Afnic, ni les bureaux d’enregistrements ne peuvent diffuser publiquement des informations nominatives sans l’accord des intéressés. Seul le titulaire du nom de domaine dispose d’un droit d’accès sur les informations le concernant.

Dernière possibilité pour les ayants droit, engager une requête judiciaire ou utiliser l’interface mise en place par l’Afnic pour joindre un contact administratif dont les coordonnées sont en diffusion restreinte dans le whois.

Ce phénomène intervient dans une période confuse autour de l’avenir du .fr. Un décret relatif aux noms de domaine est paru au Journal Officiel le 08 Février 2007. La responsabilité du registre et des bureaux d’enregistrement pourrait être renforcée. Le décret ouvre de nouvelles possibilités pour un organisme formellement désigné de bloquer, supprimer ou transférer des noms de domaine sans intervention de l’autorité judiciaire, en fonction de sa propre perception du trouble. Ledit organisme et les bureaux d’enregistrement pourraient alors voir leur responsabilité engagée devant les juridictions compétentes.

Un système de surveillance obligatoire

L’enregistrement de noms de domaine portant atteinte aux droits de tiers est un phénomène mondial touchant l’ensemble des extensions. Les cyber ou typosquatteurs profitent de la notoriété de marques pour détourner leur clientèle à travers des liens publicitaires renvoyant vers des concurrents. Cette rémunération est suffisamment importante pour les typosquatteurs pour rembourser au moins leurs frais d’enregistrement. Si le dépôt d’un nom de domaine avec de nombreuses fautes d’orthographes ne semble pas être une stratégie payante, la détection des noms litigieux et leur récupération est plus que nécessaire.

Pour en savoir plus :

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