Que fait l’Icann face aux registrars indélicats ?

Une nouvelle affaire de bureau d’enregistrement pernicieux fait du bruit dans le petit monde des noms de domaine. Un prestataire dont le dirigeant a été condamné, s’est vu suspendre son accréditation par l’Icann. Avant de contre-attaquer.

Le 28 octobre 2008, l’Icann a publié un avis de résiliation de ses relations contractuelles avec le prestataire EstDomains. Cette décision se base sur une ordonnance de la justice estonienne punissant le président d’EstDomains, Vladimir Tsastsin, coupable entre autre de : fraude à la carte bancaire, blanchiment d’argent et falsification de documents. Rien que cela !
Cette résiliation a aussi réjouie nombre de victimes présumées de ce prestataire, fortement soupçonné d’être un spammeur.

Des CEO au casier vierge

Or, une des clauses du contrat liant l’Icann à ses « registrars » stipule que « tout dirigeant ou administrateur d’un de ses bureaux d’enregistrement, convaincu de crime ou délit lié à des activités financières » voit son accréditation ICANN expirée avant son terme. A moins que la personne condamnée ait quittée la société…

Dans sa réponse à l’Icann, EstDomains annonce que Vladimir Tsastsin a quitté l’entreprise depuis juin 2008. L’Icann va analyser le bien fondé des allégations d’EstDomains via une procédure prévue à cet effet. L’Icann a pris le soin de préciser qu’EstDomains gère approximativement 280 000 noms de domaine. Elle confie également qu’elle prendra toutes les dispositions raisonnables pour protéger les intérêts des titulaires de noms de domaine durant cette période… Trouble ?

A quand le grand ménage chez les « registrars » ?

Si la suspension d’EstDomains a été applaudie par la communauté, le possible revirement jette un trouble. L’Icann juge la forme mais pas le fonds.
Parmi son millier de registrars répartis un peu partout dans le monde (mais surtout en Amérique du Nord), combien sont-ils à tolérer les pratiques parfois douteuses de leurs clients ? Quand ils n’y sont pas directement imbriqués.

Dans le blog du McAfee Avert Lab, Chris Barton balance : Moniker, Xin Net, Planet Online, directNic… Coupables à ses yeux de gérer des noms de domaine destinés au spam, typosquatting ou autres pratiques indélicates.
Que fait l’Icann ? Pas grand-chose. Les bureaux d’enregistrements ? Des codes de bonne conduite pour certaines extensions, souvent vains.

Pourtant, rien qu’en observant les bureaux d’enregistrements impliqués dans les procédures alternatives de règlement de litiges (UDRP), on remarquerait que se sont souvent les mêmes « registrars » qui apparaissent. En Chine, la liste des prestataires pratiquant le chantage à l’enregistrement (« slamming ») s’allonge chaque jour.
Circulez, il n’y a rien à voir.