Que deviens-tu .eu ?

Il y a bientôt deux ans, les noms de domaine en .EU étaient au cœur de l’actualité. La première période d’enregistrement prioritaire allait s’ouvrir début décembre 2005. Depuis, 2 650 000 noms de domaine ont été enregistrés et l’extension européenne est devenue la huitième extension mondiale. Pourtant, son image est écornée et son utilité mise en doute. Un procès d’intention français ? Eclairage avec une étude sur les .EU des cent plus grandes marques mondiales.

La défiance française envers le .EU remonte aux « sunrise period » dont les règles complexes n’ont permis de valider que 40 % des dossiers soumis. Le ver semblait alors dans le fruit. A l’heure des premiers réabonnements, le .EU perdait 100 000 de ses congénères en un mois. Le début de la fin ? ou d’une résurrection ?

Lors d’un meeting londonien en ce frais mois de novembre, l’Eurid, l’organisme en charge du .EU vante la vitalité de son extension. 2 760 .EU sont enregistrés par jour. Le taux de renouvellement des noms s’est stabilisé à 81 % depuis trois mois. Mais, c’est bien connu les français boudent l’Europe.

Statistiques en regain de forme hormis la France

54 % seulement d’entre nous connaissent l’existence du .EU. 75 % le savent au Pays-Bas. D’ailleurs, 346 000 .EU sont détenus par des néerlandais. 21 pour 1 000 habitants. Mieux vaut ne pas calculer le ratio français avec 178 000 .EU pour ne pas tomber dans les abysses de l’infiniment petit. Les allemands restent toujours fan du .EU avec 826 000 noms de domaine. Un .EU vivant qui prévoit d’introduire l’ensemble des caractères accentués (IDN) des 23 langues officielles dans ses noms de domaine.

Onze marques mondiales valorisent le .EU

Beaux projets d’avenir, belles statistiques, mais est-tu utilisé cher .EU ?
D’après l’Eurid, en octobre 2007, 81,6 % des noms de domaine servent à leurs titulaires pour leurs sites webs et / ou emails. 78,8 % le faisaient en janvier 2007. Pourtant vu de France, peu de .EU dans le paysage de la communication web semble visible.

MailClub.info a mené l’enquête sur les 100 plus grandes marques mondiales.
48 % n’ont pas activé leurs noms de domaine en .EU. C’est-à-dire, qu’ils n’ont même pas mis en place une simple redirection web ! Votre navigateur web indiquera la mention « serveur introuvable » pour google.eu. Même chose pour Nokia, Microsoft, Louis Vuitton, Mercedes, Cisco, Pepsi…

41 % ont pris quelques secondes pour paramétrer une redirection vers le site officiel, souvent en .COM. C’est le cas de BMW, Samsung, Gucci, Ikea ou Yahoo.

Ebay.eu, un vrai portail

Onze marques vont plus loin et utilisent intelligemment leurs .EU, souvent en créant un portail européen, qui renvoi ensuite sur les extensions pays ou la société est présente. ebay.eu, xerox.eu, hyundai.eu, nissan.eu, lexus.eu ou armani.eu fonctionnent ainsi.
Les autres exploitent un vrai site comme philips.eu, toyota.eu, kodak.eu, panasonic.eu, levis.eu.

A noter que ces sociétés sont majoritairement étrangères à l’Union Européenne. Qui a dit que le .EU n’avait pas convaincu le monde entier ?