Porsche.ME, un premier litige qui fera des émules

Porsche vient d’attaquer le titulaire du nom de domaine porsche.me. Le nom de domaine monténégrin a été acheté aux enchères par son actuel propriétaire. Un bon investissement ?
En tout cas, de nombreuses marques automobiles sont touchées. Démonstration avec l’etude de cas de MailClub.info.

Un propriétaire, fan de Porsche…

Le litige oppose le constructeur automobile allemand Porsche à un particulier brésilien (M. Kholer) dépositaire du nom de domaine porsche.me.

Selon le titulaire du nom, le site porsche.me n’a aucune vocation commerciale et ne peut porter à confusion avec le site officiel du constructeur allemand. Aucune marque ni logo n’apparaissent sur le site et on peut même y lire la réserve suivante : « www.porsche.me is not owned by, sponsored by, authorized by, sanctioned by Porsche A »

A priori donc, un simple site de fan comme il en existe tant et contre lesquels les intéressés n’ont quasiment aucun recours.

et de bien d’autres marques…

Cependant, au regard de cette affaire, on y apprend que M. Kholer ne s’est pas cantonné au constructeur allemand mais qu’il a également acquis des noms portant sur des marques notoires tels que aston-martin.me, jaguar.me, toyota.me, mitsubishi.me, bentley.me et fiat.me..

Précisons que ces noms ont été achetés aux enchères et que les sommes dépensées pour leurs acquisitions laissent peu de crédibilité à la thèse de noms de domaine sensés accueillir de simples sites d’informations et désintéressés de toute recherche de profits.

Porsche ramène par ailleurs la preuve que M. Kholer a tenté de lui vendre le nom pour un montant largement supérieur aux frais engagés pour son acquisition.

Le panel a donc retenu la mauvaise foi du défendeur pour ordonner le transfert de porsche.me au profit du constructeur germanique.

Quid des autres constructeurs automobiles ?

MailClub.info a conduit une enquête portant sur les plus grands constructeurs automobiles. Sur 30 marques, plus de la moitié (56.6%) sont cybersquattées, dont Peugeot, Citroen, BMW, Alfa Romeo, Mazda, Lancia, Lexus, Chevrolet, Jaguar, Aston Martin …

Parmi les noms de domaine enregistrés par les enseignes, 70% d’entre eux ne pointent vers aucun site (dont notamment renault.me, mercedez-benz.me, ford.me, volkswagen.me, lamborghini.me, maybach.me…).

Au rang des bons élèves on retiendra ferrari.me, maseratti.me, rolls-royce.me et volvo.me dont les noms pointent vers le site officiel du constructeur.

.ME, une extension à ne pas négliger

Rappelons que le .ME est à l’origine l’extension du Monténégro.
Ouverte à tous, on compte 100 000 noms de domaine déposés en .ME. Derrière ces noms, en réalité très peu de monténégrins.
L’extension attire surtout les domainers en quête de noms de domaine à forte valeur ajoutée (Love.Me, Buy.Me, Date.Me, Meet.Me, Ask.Me, Show.Me, Kiss.Me, Rent.Me, Watch.Me, Marry.Me, Loan.Me, Play.Me…).

D’après certains observateurs le .me serait même en phase de battre tous les records. Selon Helle Staal de NG Intermarketing : « Il n’y a jamais eu un succès comme celui-ci dans l’histoire du dépôt de domaine (…) ».

Dernièrement, le nom de domaine date.me a été attribué pour 70 000$ battant le précédent record de insure.me (68 000$).

Pour en savoir plus :
Lire nos articles sur le .ME
Lire nos articles sur les procédures UDRP
– Lire la décision porsche.me en cliquant ici.