Ma ville en .FR

Suite à l’actualité liée aux municipales, nos villes ont été sous les feux des projecteurs. Qu’en est-il de leur vitrine sur le web ? C’est simple pour trouver le site officiel de votre mairie, tapez le nom de domaine suivant : ville.FR. Pourtant, tout ne fût pas si facile… et quelques exceptions persistent.

Le couac de 2004

Historiquement (c’est à dire dans les noms de domaine, il y a quatre ans), les mairies françaises utilisaient principalement comme nom de domaine officiel : mairie-nomdelaville.FR ou ville- nomdelaville.FR. Pas de risque qu’un tiers dépose directement le nomdelaville.FR, il faisait partie des termes fondamentaux interdits et réservés de la charte de l’Afnic. Sauf que cette protection a sauté lors de l’abandon du droit au nom le 11 mai 2004. Cependant, les municipalités eurent six mois en amont du 11 mai pour enregistrer le nom de leur ville en priorité. Les communes qui ont omis ce dépôt préventif s’en souviennent encore. Tout type de contenu jaillit sur le nomdelaville.FR.
Inquiets, les élus ont mis la pression à l’Afnic. En juillet 2004, l’association en charge du .FR revient en arrière et bloque les noms des villes encore libres en .FR. En avril 2005, elle entérine que les noms des communes françaises tels que référencés dans la liste officielle de l’INSEE font l’objet d’une protection sous leur forme canonique. Seules les municipalités peuvent enregistrer désormais le nom de leur ville. Ni vu, ni connu.

89 des 100 plus grandes villes en .FR

En 2008, trois années après cet épisode rocambolesque, les villes françaises ont en grande partie la main sur leur .FR. L’étude MailClub.info le démontre. Sur les cents plus grandes communes françaises (de Paris à Belfort), 89 ont choisi le .FR comme nom de domaine officiel et 71 % ont simplement le nom de leur ville en .FR : lyon.fr, toulouse.fr, nice.fr, nantes.fr, strasbourg.fr.
De nombreuses municipalités rappellent qu’elles existaient auparavant sous un mairie-marseille.fr ou mairie-paris.fr, qu’ils continuent de rediriger vers le nouveau nom de domaine officiel.

D’autres ont gardé l’ancienne mouture sous un ville-lehavre.fr, ville-troyes.fr, mairie-quimper.fr ou ville-cergy.fr et redirigent leur nouveau .FR sur le nom de domaine ancestral. D’autres n’ont pas cette chance et sont obligés de conserver leur vieux nom de domaine. Leur nom naturel est pris par un tiers comme lille.fr qui regroupe ainsi le « site des commerçants et lieux incontournables de la ville de Lille ». beziers.fr est un guide de la ville héraultaise. saint-denis.fr est réservé pour une agence immobilière. rueilmalmaison.fr, courbevoie.fr, saintnazaire.fr, antony.fr, saintquentin.fr ou belfort.fr appartiennent également à des tiers.

Résultats, 15 % des municipalités françaises ont conservé un ville-nomdelaville.fr et 10 % un mairie-nomdelaville.fr. Si quatre-vingt-neuf des cents plus grandes communes sont en .FR, dix ont choisi le .COM comme nom de domaine officiel même si elles ont déjà l’équivalent en .FR comme toulon.com, boulognebillancourt.com, aulnay-sous-bois.com ou mairie-belfort.com.

Un seul .NET dans le top 100 avec drancy.net ! Un choix original.
Dans la construction du nom de domaine, on retrouve également quelques choix extravagants. ivry94.fr rappelle son département. Niort insiste, on peut vivre-a-niort.com !

Derrière maville.COM se cache…

Chers lecteurs, je vous donnerai un dernier tuyau si vous souhaitez accéder rapidement au site de votre ville. Ne le saisissez pas directement en .COM hormis les quelques exceptions évoqués ci-dessus. 88 % sont pris par des tiers. Les pages dites « parking » proposant des liens publicitaires sponsorisés sont légion (46 %) dont lyon.com, grenoble.com, nancy.com, perpignan.com ou troyes.com.

D’autres profitent du trafic naturel de leur nom de domaine pour proposer un blog « subtil et comique sur leur ville » : villeneuvedascq.com. Sur neuillysurseine.com ou levallois-perret.com, des rencontres vous sont suggérées.
Beaucoup de .COM sont utilisés dans l’activité touristique. Paris.com redirige vers Parishotels.com. Strasbourg.com propose des hôtels dans la région. arles.com est détenu par un hôtel de la ville. Le guide la ville est aussi un usage fréquent. La preuve avec les saint-malo.com, calais.com, ou aixenprovence.com.

En tout cas, les heureux titulaires de ces noms de domaine doivent profiter d’un trafic conséquent. La grande majorité des internautes français n’utilisent naturellement que deux extensions : l’incontournable .COM et l’extension nationale .FR.

En .FR, le site de votre ville, en .COM, une surprise vous attend…

Pour en savoir plus :
Lire nos articles sur les noms de domaine des collectivités