Live and let die

Frédéric Guillemaut, directeur associé au bureau d’enregistrement de noms de domaine, le MailClub, nous décrit la première journée de l’Icann Paris, vu de l’intérieur. Ambiance autour des nouvelles extensions. Forcément.

Des gros titres dans la presse écrite, une salle comble, des orateurs applaudis lors de leur prise de position, oui, nous assistons bien à un débat politique.

Ce débat, c’est celui que l’Icann a appelé et débuté en indiquant qu’elle souhaitait libéraliser la création de nouveaux Top Level Domains, autrement dit TLD (lire notre article à ce sujet).

Un TLD, c’est la terminaison à droite du . dans un nom de domaine : .FR, .ASIA, .MOBI…

Pour mieux comprendre l’impact de cette nouvelle, reportons nous 12 ans en arrière, lorsque votre serviteur attendait avec impatience la création du .SHOP. Les extensions étaient des choses sérieuses qui ne pouvaient pas être créées si facilement, sans faire courir de risques à
la santé et stabilité d’internet. Et ma première société a fermé avant de pouvoir réserver son nom…

Depuis, plusieurs extensions se sont lancées, du .PRO au .ASIA, en passant par le .INFO ou le .EU.

Justifiées par une appartenance géographique, ou par une communauté, elles sont désormais opérationnelles et fonctionnelles. Les bureaux d’enregistrement sont
rodés, les prestataires techniques de registres sont prêts à en gérer plus … et ils le font savoir.

Ils voudraient désormais capitaliser sur leur expérience et faire fructifier leurs développements, ce qui en soi n’est pas une idée mauvaise…

Une libéralisation en pente inconnue

Avec un peu de cash, un prestataire technique, quelques réseaux et copinage, votre prochaine création pourra être le .iledeserte, afin d’offrir la possibilité aux internautes de créer leurpropre.iledeserte, en colonisant le cyberespace.

Aussi anodin que cela paraisse, cette libéralisation emprunte une pente inconnue dans la gestion du web. Le débat à commencé, et les opinions libérales s’opposent aux partisans d’un web plus bordé :

– faut il profiter des capacités de tests d’internet pour pousser le plus loin possible les expérimentations au risque de provoquer un peu de casse ?

– ou bien faut il en finir avec la multiplication des tlds, et leur implication directe sur les portefeuilles des grandes sociétés qui n’auront d’autres choix que de réserver à titre défensif
loreal.iledeserte ?

Ce débat a agité les participants, et il pourrait bien durer des années …

Cycle de vie du virtuel .loréal

Je vous propose un cas concret. Je pourrai créer le .loréal (avec différentes versions idn suivant mes marchés) pour sécuriser mes clients(en tant que gestionnaire de la zone, je serai autorité de certification), qui pourront alors acheter en ligne en toute confiance mes produits.

Je gèrerai alors moi-même mes procédures de résolutions de litiges type UDRP, mes arbitrages, ma charte de
nommage
. Je pourrai alors rassembler l’ensemble de mes noms et me débarrasser des .com, .fr ou autres.

Au bout d’un certain temps, j’externaliserai la gestion de ce tld et des serveurs root à une société Bigregistry dont c’est le métier. Elle l’effectuera pour un coût intéressant, puisqu’elle fera ce métier pour plusieurs
autres clients, avec des économies d’échelle.

Ensuite, mes actionnaires n’auront qu’à prier pour que Bigregistry ne fasse pas faillite ou ne soit pas rachetée par mon concurrent ou que Bigregistry ne connaisse pas un procès, une panne qui gèlerait ses activités.

Si l’un des cas se produit, je disparaitrai du web jusqu’à résolution du problème. Tout simplement.


Pour en savoir plus
:
Lire nos articles sur les nouvelles extensions
Lire nos articles sur l’Icann