L’exception brésilienne

Lorsque l’on s’intéresse à la gestion par les registres de leurs extensions nationales, il n’est pas difficile de remarquer très rapidement de fortes disparités.
Chaque pays, étant responsable de l’administration de son extension, peut en conséquence la gérer selon sa propre vision.
Ces différences se retrouvent dans les chartes de nommage. Selon les extensions, les noms de domaine peuvent être enregistrés librement quelque soit le lieu de résidence du requérant. Pour d’autres, l’enregistrement est réservé aux nationaux.
C’est le choix du Brésil dont nous avons rencontré un représentant lors du sommet de l’ICANN à Paris. MailClub.info a interviewé Monsieur Carlos Alberto Afonso, membre du comité de gestion de l’internet au Brésil. Ce dernier nous a présenté son extension nationale et le comité qui la gère.

MailClub.info : Pourriez vous nous présenter en quelques mots ce comité de gestion ainsi que son fonctionnement ?

Carlos Alberto Afonso : Ce comité a été créé en 1995. C’est un organisme en charge de la gouvernance de l’extension .BR et donc des noms de domaine qui y sont rattachés.
La composition de ce comité est originale surtout depuis 2004. C’est un modèle de gouvernance particulier que l’on ne retrouve nulle part ailleurs. Il comprend 21 membres. Neuf sont issus de différents organes du gouvernement, huit sont des représentants d’entreprises exerçant une activité dans le secteur tertiaire majoritairement liées à l’informatique, trois sont issus de la communauté scientifique et technologique alors qu’enfin deux d’entre eux sont des experts en art moderne.
Avant 2004, la composition était plus classique. Aujourd’hui chaque membre est élu démocratiquement et dispose d’un droit de vote égalitaire.

MailClub.info : Cette composition est-elle un avantage ?

Carlos Alberto Afonso : Tout à fait. Cette organisation permet à chaque membre de donner son avis et au groupe d’envisager des problématiques diverses auxquelles un ensemble d’acteurs du même secteur n’auraient pas forcément pensé. Ce mode de fonctionnement est une bonne initiative et devrait être plus répandu, en France par exemple.

Un développement pas à n’importe quel prix

MailClub.info : Vous envisagez cette composition hétérogène comme un atout. A l’inverse, cela ne peut-il pas être un frein au développement cohérant de votre extension ?

Carlos Alberto Afonso : Non, pas du tout. Bien au contraire ! En dépit des intérêts divergents de chacun, une vision majoritaire domine. Nous tenons à ce que notre extension se développe mais, pas à n’importe quel prix ! Nous trouvons dommage que certains registres nationaux marquètent leurs extensions et que par conséquent, celles-ci perdent leur identité nationale.
Nous ne souhaitons pas ouvrir cette extension à tous, afin de générer plus de demandes. Nous voulons à l’opposé, que notre extension serve au développement de la culture de notre pays.
Notre culture est très riche et il serait regrettable de voir de nombreux noms de domaine en .BR enregistrés par des requérants n’ayant aucun lien avec le pays.
De plus, des extensions comme la notre ou bien le .CA canadien dont les restrictions sont identiques, figurent parmi les plus enregistrées ! C’est le signe que tout va pour le mieux….

Pour en savoir plus :
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