L’Espagne triple dangereusement ses noms de domaine

En 2005, le nic espagnol a triplé le nombre de ses noms de domaine. Désormais, plus de 297 000 .es existent. Un succès du à la phase de libéralisation entamée en novembre dernier. Cependant, la colère monte au sein de la communauté internet espagnole, qui déplore certains agissements plus qu’étranges de la part du nic

Succès statistique

83 000 noms de domaine en 2004, quasiment 300 000 en 2005, les chiffres sont implacables. 210 000 nouveaux .es dans l’année, c’est un record absolu pour l’Espagne. Entre 2005 et 2004, seuls 12 000 noms avaient été crées ! On est donc bien loin des 7 000 premiers .es répertoriés en 1997…

Cette performance statistique s’explique par le changement radical des règles d’enregistrement du .es. Auparavant, l’extension était fermée, chère, réservée aux sociétés locales avec un droit au nom fort, à justifier par une pléthore de documents.

Du 6 septembre au 21 octobre 2005 , une « sunrise period » a permis aux détenteurs de marques enregistrées à l’OHMI, OMPI ou OEPM, de protéger leurs équivalents en noms de domaine. Le 8 novembre 2005, le .es s’est ouvert à tous, avec des tarifs réduits (55 € HT / an, chez le registrar MailClub).

La contestation monte…

Noms de domaine étrangement attribués, ou étonnamment refusés, listes de termes fondamentaux interdits fluctuantes, procédure d’annulation arbitraire… La liste des griefs s’allonge chaque jour un peu plus auprès du nic espagnol.

Banco.es, Sexo.es…

Certains prestataires contestent l’attribution de certains noms qu’on peut qualifier de génériques en Espagne, comme banco (banque en français) ou sexo (sexe). Les heureux propriétaires de ces noms ont pu les demander durant la « sunrise period », via une astuce jugée douteuse. L’Esnic a autorisé « les organismes à solliciter un nom abrégé du nom complet de l’organisation qui l’identifie de manière évidente ». Ainsi, la « Banco Bilbao Vizcaya Argentaria, S.A » a obtenu banco.es et « SEXO GRATIS, S.L », sexo.es. Mais ces attributions n’apparaissent pas évidente pour tout le monde…

Trois listes de noms interdits

Un internaute qui s’est vu refuser le nom de domaine lais.es, car il correspondait au nom d’une association « Latin American Integration Association », a cherché à connaître l’ensemble des noms interdits. Le nic espagnol lui a alors transmis deux listes complémentaires, différentes de l’unique liste initiale communiquée lors de l’ouverture.

La seconde liste « secrète » comprend les noms « d’organes constitutionnels, d’autres institutions d’État et d’organisations internationales et supranationales officielles » (disponible en cliquant ici)

La troisième liste (de 146 pages !), qui n’avait pas été également dévoilée, correspond à de multiples toponymes coïncidant avec des dénominations officielles d’administrations publiques territoriales (liste disponible en cliquant ici).

Interprétation des procédures d’annulation

A partir de ces listes, le nic espagnol peut refuser des noms de domaine. Mais certains noms n’y figurant pas sont tout de même rejeter alors que l’inacceptation se base sur ces listes. Espania.es a ainsi été considéré comme trop proche de espana.es, et donc refusé. Le Nic espagnol se réserve donc le droit de juger certains demandes non recevables, sur aucune base légale. Des décisions très mal vécues par certains internautes, qui assimilent certaines décisions à de la censure.

Les cas www.nom.es et www.com.es

Autre dysfonctionnement, avec les extensions de troisième niveau du type .com.es, .nom.es, .org.es… Un petit malin s’est amusé à enregistrer le nom de domaine www dans les extensions de 3ième niveau .com.es et .nom.es. De plus, ces sites fonctionnent (consultez les en cliquant sur ce lien http://www.nom.es/). Le nic espagnol qui a protégé le terme www en .es, est de nouveau décrédibilisé.

Un règlement des litiges toujours pas mis en place

Le 21 décembre 2005, le nic espagnol a débuté une sélection pour les prestataires souhaitant régler les litiges extrajudiciaires des noms de domaine en .es. Pour l’instant, la procédure n’est donc aucunement opérationnelle, alors que le début de l’ouverture a débuté il y a 5 mois. A l’heure actuelle, seul le prix de cette prestation est connu (1400 euros). Une situation qui ressemble fort à de l’improvisation. Une critique de plus qui fomente les relations entre le nic et ses utilisateurs.

Pour en savoir plus :

– Le site de Carlos Blanco, qui recense les doléances des espagnols, disponible en cliquant ici

– La note du nic espagnol sur la sélection des prestataires pour la résolution de litiges de noms de domaine, en cliquant ici

Le site du MailClub, pour vérifier la disponibilité de votre .es. Cliquez ici et choisissez « TOP 20 » dans les extensions à vérifier.