Les litiges en .MOBI, une spécialité chinoise ?

875 000 noms de domaine en .MOBI ont été enregistrés depuis 2006 et le lancement de cette extension dédiée aux sites dont le contenu est adapté à une navigation via son téléphone portable. Suite à la création du .MOBI, plus de 80 litiges ont été traités par le centre d’arbitrage et médiation de l’OMPI dans cette nouvelle extension générique. Particularités des défendeurs, ils sont principalement chinois et ses cybersquatteurs de la République Populaire affectionnent particulièrement les enregistrements frauduleux contre des marques françaises.

Sur les 84 litiges liés au .MOBI enregistrés par l’OMPI, 54 ont connu pour l’instant une décision par un expert. Treize sont en attente de jugement tandis que quinze ont finalement abouti à une résolution à l’amiable. Sur les décisions tranchées, 93 % sont en faveur du requérant ! Seuls les noms de domaine interactivebrokers.mobi, scania.mobi, ufa.mobi et xxxx.mobi ont été conservés par leurs propriétaires, injustement attaqués.

La France, deuxième pays victime d’enregistrement litigieux

Qui cherche à récupérer ses .MOBI pris par des tiers ? Principalement, les sociétés étatsuniennes (31 %) que l’on a l’habitude de retrouver dans ce type de classement. Plus étonnant, on retrouve les français en deuxième place avec onze litiges, soit 20 % des décisions ! La France devance largement à ce classement des victimes ses dauphins : le Royaume-Uni (13 %), l’Allemagne (11 %) ou l’Espagne (5 %).

Auchan, Bouygues, EDF

Par qui les sociétés françaises sont-elles attaquées ? Les chinois. En tête des pays où réside le défendeur, la Chine héberge 24 % des cybersquatteurs de .MOBI, devant les Etats-Unis (20 %), habituels champions du monde de cette catégorie.
Ses assaillants chinois se sont fait une spécialité avec l’enregistrement de noms de domaine en .MOBI portant atteinte aux sociétés françaises. Dans les décisions comprenant un ayant-droit français, 63 % des litiges en .MOBI avaient un défendeur chinois. Auchan (auchan.mobi), Bouygues (bouygues.mobi), la CIC (cic-banques.mobi, cicbanques.mobi), Dassault (dassault.mobi), EDF (edf.mobi), Berger (lampeberger.mobi) ont tous récupéré leurs noms de domaine auprès de tiers chinois. La France est la victime préférée des chinois (54 % des cas), loin devant les États-Unis (15 %).

Comment expliquer cet épiphénomène ? Tout d’abord, relevons que les sociétés françaises n’avaient pas utilisé la période d’enregistrement prioritaire pour protéger leurs marques phares en .MOBI. Économiquement parlant, il aurait pourtant mieux fallu enregistrer un dassault.mobi une centaine d’euros en « sunrise period » que devoir dépenser 1 500 dollars dans une procédure extrajudiciaire de l’OMPI.
L’autre explication tient dans la folie liée aux noms de domaine au pays du Soleil Levant. La Chine a gagné 7 millions de noms de domaine en .CN en une seule année. Ce dynamise a débordé sur d’autres extensions dont le .MOBI. Une extension qui plaît aux chinois, dont le nombre d’abonnés mobiles continue de progresser rapidement sur ce début d’année. La Chine est aussi au cœur d’opérations de chantage à l’enregistrement de noms de domaine (lire notre article à ce sujet) et flirte avec le coté obscur de la force des noms de domaine. Pour les .MOBI, elle a franchi le pas !

Pour en savoir plus :
Lire nos articles sur le .MOBI
Lire nos articles sur la Chine