Les extensions vendent leurs bijoux de famille

Un phénomène s’accentue auprès de nombreux registres : la vente de noms de domaine courts (un ou deux caractères) auparavant non déposables. A y regarder de plus près, cela ressemble bien à une grande braderie de Noël pour des registres en mal de liquidités.

Grande nouvelle dans le monde du nommage internet, Singapour vous propose d’acquérir des noms de domaine en .SG d’un caractère (ex : p.sg 😉 moyennant une redevance annuelle de près de 10 000 €.
Même possibilité de la part du .COOP (ça existe, il y a 6 000 noms de domaine en .COOP enregistrés dans le monde), qui autorisé en cette fin d’année les noms de un et même deux caractères. Un S.COOP pour un registre grand seigneur durant cette période de fêtes.

Des critères d’acceptation à la discrétion du registre

A l’instar du .JOBS ou du .MOBI, Neustar, registre du .BIZ, a également entamé des démarchés auprès de l’Icann pour accepter des dépôts de moins de trois caractères.

Critère de sélection pour les nombreux prétendants que l’on devine :
– utiliser le domaine via une proposition innovante
– capacité à mener le projet à court terme,
– être considéré par NeuStar comme « une valeur positive de promotion de leur extension ».
Si des projets de grande qualité coexistent pour le même nom de domaine, nous départagerons sûrement tout cela avec de bonnes vielles enchères.

Je m’interroge sur les critères émis par le registre. Ses indices de jugement sont la porte ouverte à des attributions de complaisance. Surtout, le registre se pose en juge de l’intérêt de tel ou tel dossier. Est-ce son rôle ? Je ne le pense pas.
Pour quelle raison des noms courts en .BIZ devraient passer toutes ces étapes d’évaluation quand on me demande juste un numéro de carte de bleu valide pour déposer le nom de domaine de mon choix de plus de trois caractères comme lebizgratteunmaxdepognondecesderniersnomscourtsen.biz.

Par définition, la ressource des noms courts est rare. Les registres imposent majoritairement (34 %) la règle d’un minimum de trois caractères pour un maximum de 63 (lire notre article à ce sujet).
La multiplication des ouvertures par les registres des noms de domaine de moins de trois caractères s’apparente à une fuite avant. Les registres vendent leurs bijoux de famille aux plus offrants pour maximiser leurs profits, avant que des centaines de nouvelles extensions déboulent dans le monde du nommage en 2010. A votre bon cœur, Messieurs, Dames.

Pour en savoir plus :
Lire nos articles sur les noms de domaine courts
Lire nos articles sur le .BIZ
Lire nos articles sur le .COOP