logo site 01net

Les bleus et leurs noms de domaine

A l’heure où nos chers bleus gambadent sur les pelouses portugaises, le MailClub.info s’est penché sur les sites internet des Zidane et consorts.
Ces joueurs qui nous font rêver dans tous les stades européens sont devenus au fil des années des maîtres de la communication (sponsoring, action caritative, publicité…). Mais sur le terrain du web, est-ce que cette maîtrise de l’image est aussi parfaite ?

Conditions de l’étude

Afin de répondre à cette interrogation, le MailClub.info a voulu étudier la protection des noms des joueurs sur la Toile. Pour mener à bien cette mission, trois types de recherches ont été effectués :
– Recherche sur le prénom et nom attaché, sur le prénom-nom, et sur le nom.
– Recherche sur 3 extensions principales : .fr, .com, et .net ainsi que sur les extensions nationales où le joueur a joué. Exemple pour Marcel Desailly qui a joué en Italie (Milan Ac), ainsi qu’en Angleterre (Chelsea), la requête s’étendra donc au .it et au .co.uk
– Recherche sur les pays à dépôts libres, grâce à l’outil whois MailClub. Les noms libres ne sont pas pris en compte.

Absence de stratégie

Voici le résultat de ces multiples recherches (358 extensions testées) :
– 162 ont leur extension libre, soit 45 % (L)
– 83 avec un nom pris par un tiers sans légitimité apparente sur le nom, soit 23 % (T)
– 53 cas où le nom est pris par un homonyme, soit 15 % (H)
– 25 dont le nom est réservé par un titulaire dont l’identification est délicate, soit 7 % ( ?)
– 17 avec un nom en vente, soit 5 % (AV)
– 18 exemples où le nom est pris soit par le joueur, un fan, ou une société mandatée, soit 5 % (P)

Première constatation, les noms des joueurs sont en grande majorité libres. L’extension la moins prisée est le .fr. L’annonce de l’ouverture de ce dernier le 11 mai n’a pas du franchir les frontières, où évoluent une majorité des internationaux. Les bleus n’ont donc pas une politique préventive de dépôts de noms de domaines.

Pourtant avec 23 % de noms pris par un tiers identifiable, certains sites ne contribuent à l’image positive des footballeurs. On pense ici à trezeguet.com, utilisée par la société italienne CalcioMania qui vend des produits à l’effigie du joueur ou à boumsong.co.uk (au Royaume Uni), société de vente en ligne de photos dédicacées des joueurs évoluant dans la première ligue anglaise. Parmi les plus « cybersquattés », on relève Henry (18 cas), Zidane (9), et Saha (7).

Les 15 % d’homonymie concernent uniquement les recherches sur le nom des joueurs. A ce jeu là, les champions sont Benoît Pedretti (9 cas) et Patrick Vieira (7). Ces résultats sont souvent cocasses tant à l’identité des propriétaires homonymes : coupet.fr est un « menuisier spécialiste du rangement sur mesure », rothen.net une société de vins australiens, vieira.com.mx est un éditeur mexicain, saha.com appartient à une entreprise américaine de polyester…

Le taux de 7 % représentant les noms réservés par un titulaire dont l’identification est délicate se situe dans la moyenne d’internet.

Si la revente de noms de domaines a connu un certain age d’or, on ne compte aujourd’hui plus de sommes record. Pourtant, à l’image de louis-saha.com qui vends également www.louissaha9.com, sahalouis.com et lsaha.com, ce phénomène représente encore 5 % des noms testés.

Avec 5 %, les sites concernant les joueurs affichent un résultat très décevant. Surtout que parmi ce pourcentage, on comptabilise des sites de fans comme www.bixentelizarazu.net ou www.thierry-henry.net. Parmi les sites officiels, davidtrezeguet.info est fait par une société italienne, tandis que les quelques autres sont réalisées soit Athleteline (Barthez, Desailly, Marlet…), Sportif on line, ou Steven Sports (Michael Landreau). Certains sites marchent mieux que d’autres. Hugues Dangy d’ Athleteline souligne que « les sites d’Anelka et de Desailly drainent beaucoup de trafic ».

Ce qui choque dans cette étude, c’est l’absence d’une véritable stratégie en matière de dépôts de noms de domaines. Alors que 35 % des sites comprenant des noms de footballeurs sont pris par des tiers n’ayant rien à voir avec le sportif !

Qui doit protéger les noms de domaines d’un sportif ?

La question qui se pose est la suivante : a qui incombe t-il de protéger les noms de domaines d’un footballeur ?
Pour Hugues Dangy d’ Athleteline, « beaucoup de joueurs ont une méconnaissance de cet état de fait. Ce débat a cinq d’avances. Dans quelques années, ces dépôts seront automatiques. C’est aux agents de joueurs ou aux sportifs eux-mêmes de se protéger. Une société comme la notre n’est pas habilitée à le faire. Par le passé, nous avons été confronté à des cas de cybersquatting. Selon la volonté des nos athlètes, nous avons réglé les litiges au cas par cas ».
Fabrice Ganacheau, de Steven Sports (Michael Landreau, Marama Vahirua…) se protège via des dépôts de marques des noms de joueurs. Si les noms de domaines de leurs sportifs sont encore libres, c’est avant tout une question de budget. Depuis 1998, cette société gère une partie de la communication des joueurs. C’est cette dernière qui organise, entre autre, les stages Landreau / Savinaud. Monsieur Ganacheau souligne que « les joueurs n’ont pas le temps de se préoccuper de cette question « .

Gregory Balssa, de Sportif on line (Claude Makelele, William Gallas, Laurent Robert…) signale que « le modèle économique des sites de joueurs ne permet pas financièrement une protection du nom des joueurs sous toutes les extensions ». Seule possibilité, quand « les réservations se font à la demande des joueurs».

Une jurisprudence mouvante

Si l’argument économique est souvent avancé par ces sociétés, il n’est pas tout à fait valable. Une politique de dépôt préventive coûte autour de 300 € annuel avec 2 .fr, .com, .net, .co.uk (pour le championnat anglais), .it (pour le Calcio), .com.es (pour la Liga). Une UDRP (Uniform Domain Name Dispute Resolution Policy) qui est une solution alternative de résolution de litiges coûte elle 1500 $. De surcroît, le requérrant n’est pas sur de gagner.
L’UDRP considère un enregistrement de nom de domaine abusif si ce dernier est identique ou semblable au point de prêter à confusion à une marque de produits ou de services sur laquelle le requérant a des droits, si le détenteur n’a aucun droit ni aucun intérêt légitime, s’il a été enregistré et est utilisé de mauvaise foi.
La jurisprudence n’est pas favorable aux footeux, assimilés aux célébrités. L’affaire de brucespringsteen.com le démontre. Un fan utilisant ce nom a été attaqué par l’artiste. Ce dernier a perdu car l’OMPI (Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle) estime que l’internaute sait pertinemment que tous les sites répertoriés ne sont pas tous officiels ou autorisés.
Si le sportif n’est pas d’accord avec une décision de l’OMPI, des poursuites judiciaires peuvent être engagés. Avec les frais d’honoraires d’avocats, les coûts dépassent alors largement ceux d’un dépôt préventif.

Préconisations

En l’état actuel, les joueurs peuvent-ils se satisfaire que leur nom soit exploité par d’autres entités ?
Si les footballeurs souhaitent protéger leurs noms sur le terrain du web, la première préconisation est le dépôt préventif des noms de domaines dans les extensions jugées à risques (.com, .net, .fr, extensions des championnats où le joueur a évolué).
Par rapport à l’entité qui doit déposer le nom de domaine, plusieurs solutions sont possibles :
– Mission confiée aux clubs qui détiennent les droits d’image du sportif. Il redirige ensuite les noms sur le site officiel du club. A titre comparatif, les maisons de disques procèdent ainsi avec le nom de leurs artistes.
– Les agents de joueurs
– Les sociétés qui gèrent le site du joueur
– Les sociétés qui s’occupent de la communication globale du joueur.

Un travail de sensibilisation est nécessaire à ce sujet. Il faut situer les noms de domaines dans une double problématique :
– Intégration dans une stratégie globale de communication. Les noms renvoient vers des sites officiels contrôlés par l’entité qui gère l’image du joueur.
– Protection des noms des joueurs. Si cette protection n’a pas à proprement dit une valeur commerciale, un nom cybersquatté peut porter atteinte à l’image de l’entreprise et reste difficile à récupérer.

L’étude sur les attaquants français est disponible ici

L’étude sur les milieux français est disponible ici

L’étude sur les défenseurs français est disponible ici

L’étude sur les gardiens français est disponible ici