Le .nu colonisé ?

Le gouvernement des Iles Niue part en guerre pour récupérer l’exploitation et les revenus liés à son extension nationale, le .nu. Ce type de nom de domaine a été commercialisé par un américain principalement en Suède où la particule .nu signifie « maintenant ». La bagarre pour la reprise en gestion des .nu est estimée à 4 millions de dollars par an.

« Colonialisme digital »

Dans un article de PC World Nouvelle Zélande, l’ambassadeur des Iles Niue ne mâche pas ses mots : « C’est du colonialisme digital. L’extension nationale .nu n’est pas employée par notre nation et nous n’y gagnons rien, à part une connexion internet ».

Triste constat pour ces extensions nationales de petites contrées, dont le code ISO a une signification marketing. Certains ont su en tirer un réel avantage financier comme le .tv tuvalien commercialisé comme l’extension des chaînes télé …
D’autres se battent pour reprendre la main sur leur extension nationale. Avant le .nu, le gouvernement du Laos pour son .la (vendu pour les habitants de Los Angeles) ou des Philippines (.ph comme Phone !) se sont engagés dans ce type de bataille.

Le .nu compterait 100 000 noms de domaine enregistrés en Suède (contre 600 000 .se). En 1997, le businessman William Semich obtient auprès de l’ICANN, la gestion des noms de domaine en .nu. Il y a 10 ans, le gouvernement des Iles Niue n’était pas préoccupé par ce type de problématique.

Depuis le succès du .nu, les autorités locales souhaitent bénéficier d’une partie du gâteau. La petite île de l’Océan Pacifique de moins de 2 000 habitants, estime que cette contribution serait bienvenue pour l’économie du pays et leur apporterait l’indépendance économique.

Elle exige 25 % des revenus du registre, en prétextant un accord initial entre les deux parties, démenti par M. Semich, qui ne fournit qu’un accès internet pour le pays. Le chiffre d’affaire annuel du registre du .nu est évalué à 4 millions de dollars, soit la moitié du PIB de la nation. Connue pour l’exportation de ses noix de coco, les Iles Niue disposent d’une autre richesse naturelle, leur extension nationale. L’Icann sera-t-elle sensible à leurs arguments ?

Pour en savoir plus :
– Vérifiez la disponibilité de vos noms de domaine dans les extensions markétées, en cliquant ici.