Le .ME rejoint le club des extensions « markétées »

Il existe deux grandes catégories de noms de domaine : les génériques comme les .COM, .NET (dits « gTLD : Generic Top Level Domain ») et les extensions rattachées à un territoire comme les .FR, .DE ou .CN (dits « ccTLD : Country Code Top Level Domain »). Pourtant, certaines extensions pays dont la plus célèbre est le .TV des Iles Tuvalu sont commercialisées comme une extension générique. Une vingtaine de pays sont concernés dont la toute neuve .ME issue du Monténégro. A peine née, l’extension nationale monténégrine a été réappropriée par un consortium étranger pour la vendre à destination de contenu personnel. Découvrez certaines de ces extensions hybrides.

Période d’enregistrement prioritaire pour les marques, enchères pour départager les demandes multiples, noms premiums… Le .ME a tout l’attirail du lancement d’une nouvelle extension générique. Pourtant, il s’agit bien d’une extension nationale, celle du jeune Monténégro. La magie des codes ISO a donné aux monténégrins, le .ME pour ses futurs noms de domaine. .ME comme Moi en anglais. Une similitude parfaite sur laquelle parie les géants Go Daddy et Affilias pour « markéter » cette nouvelle extension.
Ce phénomène de réappropriation existe depuis de nombreuses années. Nous vous parlions récemment du .FM des Fédérations de Micronésie, commercialisée pour les radios (Lire notre chronique à ce sujet). La modulation de fréquence (FM signifie « Frequency modulation ») des ondes radio a même modifié le .AM arménien, vendu également pour les rois des ondes.

.TV, le pionner

Ce phénomène doit beaucoup au succès du .TV. Une aubaine pour les neuf îlots de Tuvalu situés en plein milieu du pacifique nord (à l’Ouest de l’Australie). Onze mille habitants répartis sur 26 kilomètres carrés ont obtenus les deux lettres que s’arrachent les télévisions mondiales. En 1999, une société américaine rachète la commercialisation de l’extension au gouvernement local contre un chèque de 12,5 M$ avec un intéressement. Fin 2001, Verisign, la rachète à 45 M$. Les Iles Tuvalu touchent alors 10 M$ sur la transaction. Aujourd’hui, Google recense 5 900 000 sites en .TV.

Musique, Santé, applications web

Devant cette réussite, des sociétés ont épluché la liste des 272 extensions nationales pour trouver le nouveau .TV qui ferait leur fortune. La musique, nouvel eldorado ? Certains le croient pour vendre le .MU de l’Ile Maurice comme l’extension musicale.

Autre exemple, l’extension moldave est depuis de longues années commercialisée comme un TLD générique à vocation médicale. Les États-Unis sont friands de ces noms de domaine en .MD. De nombreuses villes américaines proposent sous le nom de leur ville en .MD des annuaires médicaux. Tapez losangeles.md… Vous ne tomberez pas sur un site de voyage moldave pour des vacances à LA. Il s’agit d’un annuaire répertoriant tous les liens utiles des professionnels de la santé de cette grande cité américaine.
Il existe également une pléthore d’extensions autour du web.

Le .ME n’a rien inventé avec son concept de contenu personnel. Le .PS palestinien se vend comme la signification de « Personal Site ». Le .PW de Palau s’entend comme « Personal Web ». Le .WS des Western Samoa signale des « Web Site »… Bref, méfiez vous de la face cachée de certaines extensions nationales.

Pour en savoir plus :
Lire nos articles sur le Monténégro