Le .COM et le .NET typosquattés

Après le Cameroun, l’Ethiopie. Ces deux pays font fructifier leurs extensions de domaine nationales en capitalisant sur les fautes de frappe des internautes à la recherche de .com et de .net.

On connaît le typosquatting incluant une faute d’orthographe dans la chaine de caractères qui compose un nom de domaine avant l’extension. Place désormais à « l’extension squatting » qui compte sur l’oubli de saisie d’une lettre dans l’extension elle-même ou comment capter du trafic avec un .CM (faux .COM) ou .ET (faux .NET) !

lenomdemasocieteestprisen.CM

C’est grâce aux systèmes appelés « Wild Card » ou « Joker », que lorsque vous tapeznimportequoi.cm, vous êtes redirigés vers une page d’attente comprenant des liens commerciaux sponsorisés ou une page vous proposant l’enregistrement du nom de domaine saisi. L’exploitation de noms de domaine non enregistrés touche une dizaine d’extensions locales.

Ce système est encore plus astucieux pour le .CM camerounais. Le registre bénéficie en effet de tous les internautes étourdis qui oublient de taper le O dans l’extension phare .COM (quasiment un nom de domaine sur deux).

Selon les journalistes de Business 2.0, Kevin Ham, un célèbre « domainer » serait derrière cette opération, qu’il mène à bien avec les autorités locales peu regardantes sur ce typosquatting d’extension.
Le détournement de trafic serait colossal, les revenus publicitaires des liens sponsorisés importants et tous les titulaires de .COM, potentiellement victimes de ce « wild card » camerounais. Les noms de domaine non enregistrés en .cm redirigent vers le site agoga.com (proposant divers liens généraux autour de la santé, du business, des voitures ou loisirs… Conscient de porter atteinte à de nombreuses marques notoires (tapez 01net.cm par exemple), ce site propose un formulaire de contact pour les ayants droits se sentant lésés.

Après le Cameroun, l’Ethiopie

Comme toujours dans le monde des noms de domaine, une initiative qui génère de l’argent est forcément copiée. Avant le .cm, le .vg des îles Vierges, le .ph philippin, le .ws des Western Samoa, le .nu des Iles Niue ou quelques autres extensions pays « marketées » ont franchi le pas du joker, sans toutefois se lancer dans typosquatting d’extension.

Le .ET éthiopien vient également de mettre en place ce système. Sous l’inspiration du .CM camerounais, le .ET va capter tous les étourdis oubliant le N du .NET (troisième extension mondiale). A ce rythme, le .CO colombien ou le .OM d’Oman pourraient se laisser tenter par ce « TLD squatting », mais leurs chartes de nommage sont pour l’instant bien définies et plutôt strictes. Leurs extensions signifient encore quelque chose pour leurs pays, c’est déjà ça !