Le cercle des extensions disparues

Autant d’extensions qui perdurent sur Internet alors que le pays qu’elles désignent a disparu du monde politique : .su pour l’union soviétique, .yu pour la Yougoslavie…

L’Icann (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers) sépare les extensions en deux catégories : les extensions génériques (gTLD : Generic Top Level Domain) au nombre de 15 et les 250 ccTLD (Country Code Top Level Domain). L’attribution d’un ccTLD (.fr pour la France) se fait sur la base de la liste de code ISO 3166-1. Cet index répertorie les codes postaux de territoires et non pas uniquement de pays. Ainsi, la Réunion a son .re. Ce système de nommage basé sur une norme ISO, reconnue par les Nations Unies, est bien pratique pour éviter les conflits politiques. La Palestine dispose ainsi d’un .ps.

Merci les codes ISO

Suite à la création d’un code ISO en 2004, les Iles d’Aland, situées entre la Finlande et la Suède ont obtenu un .ax. Une grande victoire pour ses 26 000 habitants !

Facile à créer, une extension ccTLD s’avère plus difficile à retirer quand elle est utilisée. Dans le passé, les extensions inactives se radiaient facilement. Le .cs (Tchécoslovaquie) fut scindé en .cz (République Tchèque) et .sk (Slovaquie), le .zr (Zaïre) se transforma en .cd (République du Congo). C’était avant de s’attaquer à l’URSS.

La lutte pour la conservation du .su

Le .su de l’ancienne Union Soviétique a pourtant été remplacé par le .ru russe et 14 autres codes de pays devenus indépendants. Son enregistrement a même été gelé entre 1994 et 2003 avant de redémarrer. On compterait aujourd’hui 8 000 noms de domaine en .su ! Les nostalgiques du passé soviétique ont sauté sur le projet de l’Icann pour raviver la flamme du passé. Pour de nombreux titulaires de .su, leur nom de domaine n’a pourtant qu’une valeur d’usage (email, site Web) et il ne serait pas évident pour eux de retrouver le même terme en .ru qui compte, lui, 800 000 enregistrements.

Les titulaires de sites en .yu, de l’ex-Yougoslavie, devraient pouvoir conserver leurs extensions encore un long moment. De fait, les futures attributions du .rs serbe ou .me monténégrin se font avec précautions. Les extensions sont créées, mais aucun organisme de gestion n’a encore commencé leur commercialisation.

D’autres n’auront pas cette chance. Le célèbre .um des non moins fameuses Iles Mineures Eloignées des Etats-Unis a disparu. Pas en raison de la disparition de ce territoire, mais simplement devant l’inexploitation de l’extension. D’autres extensions nationales sont d’ailleurs non déléguées comme le .kp de la Corée du Nord ou le .eh au Sahara Occidental.

Toutes les extensions ccTLD n’ont pas la même audience. Sur 250, seules dix dépassent le million de noms de domaine enregistrés.