Le Cameroun reprend le typosquatting du .com

« Wild Card ». Un système qui permet lorsque vous tapeznimportequoi.cm d’être redirigé vers une page d’attente comprenant des liens commerciaux sponsorisés ou une page vous proposant l’enregistrement du nom de domaine saisi. L’exploitation de noms de domaine non enregistrés touche une dizaine d’extensions locales. Il est encore plus pervers pour le .cm camerounais. Le registre bénéficie en effet de tous les internautes étourdis qui oublient de taper le o dans l’extension phare .com.

Lorsque vous allez effectuer une recherche whois sur un terme plus qu’improbable, vous serez particulièrement étonné que votre nom de domaine apparaît pris aux Iles Mariannes Septentrionales (.mp) ou au Palaos (.pw) alors qu’il est disponible en .com. Les registres de ces extensions souvent « markétées » (c’est-à-dire commercialisées sous une autre signification ; par exemple le .mp vendu comme l’extension Mobile Phone) pratiquent le « wild card ».

Enregistrez le nom de domaine disponible !

On les distingue en deux principales catégories :

Ceux qui proposent d’enregistrer le nom de domaine tapé actuellement libre. On y retrouve le :
– .io (Territoire Britannique de l’Océan Indien)
– .mp,
– .nu (Iles Niue). Dans les pays francophones, le .nu peut faire penser à des sites lascifs. Cependant, il a une autre signification. En anglais, le .nu se prononce phonétiquement « new ». En suédois, nu signifie nouveau. La Suède est une cible importante pour l’extension, à tel point que le nic commercialise des IDN tout ayant une version suédoise de son site.
– .pw (Palaos) avec la signification Personal Web. Idéal pour les blogs.
– .sh (Sainte Hélène)
– .st (São Tomé and Principe), vendu au choix comme l’extension STar, STreet, STyle. Le nic met même en ligne une liste de noms de domaine expirés comme error.st, pussy.st, villa.st ou royal.st.
– .tk (Tokelau) se veut lui l’extension officielle des enchères sur le net.
– .tm (Turkménistan), vendu comme l’extension pour les TradeMarks. D’ailleurs, ces noms de domaine s’enregistrent uniquement sur 10 ans comme une marque.

Ceux renvoyant vers une page d’attente comprenant des liens commerciaux sponsorisés

– .ph (Philippines), autrefois « markétée » comme l’extension PHone
– .vg (Iles Vierges Britanniques)
– .ws (Western Samoa), pouvant signifier « Web Site » propose un programme pour devenir très riche en très peu de temps (forcément…)

Les noms de domaine non enregistrés en .cm redirigent vers le site agoga.com (enregistré par la société NameView au Canada), proposant divers liens généraux autour de la santé, du business, des voitures ou loisirs… Conscient de porter atteinte à de nombreuses marques notoires (tapez fnac.cm par exemple), ce site propose un formulaire de contact pour les ayants droits se sentant lésés.

Ce type de redirection « wild card » (parfois également appelée « joker ») en .cm avait été suspendu en septembre 2006 suite à la plainte de nombreux titulaires de .com. En ce début d’année 2007, le « wild card » a été remis en place par le registre camerounais, qui a donc repris ses mauvaises habitudes.