L’avenir des noms de domaine français (5/8), vu par le MailClub

Le bureau d’enregistrement de noms de domaine, le MailClub, a participé à la consultation publique sur les modalités de gestion du domaine internet « .fr » et des extensions d’outre mer. Il vous propose ces réponses durant tout l’été. Cette semaine, découvrez son point de vue sur les noms protégés ou réservés.

Question 11 :

a) Faut-il faire évoluer les listes des termes interdits ou réservés pour le « .fr », et si oui sur quels critères ?

b) Comment faudrait-il adapter ces listes pour les autres extensions françaises ?

c) Est-il souhaitable d’imposer un « périmètre de protection » pour certains termes protégés (c’est-à-dire interdire également l’enregistrement de noms trop proches) ? Si oui, comment le définir ?
Par exemple, faut-il interdire l’enregistrement dans la racine « .fr » de tous les noms de type « abcd-gouv» ou « abcdgouv», lorsque « abcd.gouv.fr » est effectivement un site officiel du gouvernement, voire interdire systématiquement tous les noms se terminant par «gouv» ?

MailClub :

a) La gestion d’une liste de termes interdits ou réservés pour les extensions françaises est une usine à gaz. Pourquoi societe.fr était-il interdit ? Le .COM existe bien. A quoi sert de bloquer elysee.fr si lelysee.fr est enregistré ?
Pour les noms géographiques, l’Afnic a déjà effectué une ouverture avant de se rétracter (lire notre étude à ce sujet) entraînant des cas particuliers non résolus (ex : lille.fr).

Cette liste doit être totalement débloquée avec une priorité pour l’État de déposer les noms tels que premiersministre.fr. Les villes auraient aussi à nouveau la priorité pour déposer leurs noms de domaine sous forme canonique. Si elles ne le font pas, tant pis pour elle. Pourquoi un citoyen n’aurait pas le droit de développer un portail sous le nom de sa ville.fr si sa municipalité n’a pas jugé bon de le faire.
Pour les noms à valeur ajoutée, tel emploi.fr, on peut imaginer un système d’enchères pour l’attribution de ces noms de domaine.

b) Il n’y a pas à adapter ces listes pour les autres extensions. L’ensemble des restrictions doit sauter.

c) La mise en place d’un périmètre de protection est utopique. Il y aura toujours un petit malin pour rajouter / enlever / inverser une lettre ou plusieurs dans un nom de domaine.
Sous quelle base peut-on interdire à un fabricant de gouvernail de déposer gouvernail.fr ? à une société proposant des gouvernantes de prohiber l’enregistrement de gouvernante.fr ?

La semaine prochaine, contrôle des enregistrements et base whois.

Pour en savoir plus :
Lire la quatrième partie de la réponse du MailClub à la consultation publique sur les nouvelles extensions, les possibilités d’un registre unique et le cas du .TF.
Lire la troisième partie de la réponse du MailClub à la consultation publique sur les critères d’éligibilité (conditions d’accès aux enregistrements).
Lire la seconde partie de la réponse du MailClub à la consultation publique sur la protection des droits des tiers et des données personnelles.
Lire la première partie de la réponse du MailClub à la consultation publique sur l’attractivité du .FR et la qualité de l’offre d’enregistrement.

Lire nos articles sur le décret du 6 février 2007
Lire nos articles sur le .FR