L’avenir des noms de domaine français (1/8), vu par le MailClub

Le bureau d’enregistrement de noms de domaine, le MailClub, a participé à la consultation publique sur les modalités de gestion du domaine internet « .fr » et des extensions d’outre mer. Découvrez durant tout cet été, les réponses du registrar français dans nos colonnes. La première partie concerne la situation actuelle des extensions françaises avec entre autre l’attractivité du .FR et la qualité de l’offre d’enregistrement.

Attractivité du « .fr » et des extensions françaises

Question 1 : Quels sont, selon vous, les facteurs d’attractivité du « .fr » par rapport aux autres domaines internet de premier niveau (notamment le nouveau domaine «.eu » ou les domaines génériques « .com », «.org », etc.) ? Quels sont au contraire les facteurs limitant son intérêt ?

MailClub : Le .FR se distingue des extensions génériques (.COM, .NET…) par sa nature de ccTLD (Country Code Top Level Domain), c’est-à-dire rattaché à un territoire, en l’occurrence la France. Il est différent d’un .EU couvrant l’ensemble de l’Union Européenne, d’un .DE associé à l’Allemagne, d’un .IT italien…

Un des facteurs limitant du .FR est son historique. Avant le 11 mai 2004, le .FR était fermé. Peu de PME ont suivi cette actualité et ont été victimes de cette ouverture. Elles croyaient être prémunies de dépôts litigieux en .FR. Cette protection a volé en éclat et leur méconnaissance ne leur a pas fait profiter des nombreux avantages de l’ouverture progressive.
Une autre limite du .FR est l’ignorance des noms de domaine par le grand public français. Tant que nous verrons autant de TPE / PME communiquer sur une adresse email de contact du type @wanadoo.fr dans diverses publicités (dont le coût est largement plus élevé qu’un nom de domaine), le combat d’évangélisation ne sera pas gagné.
Un autre frein du .FR est sa limitation aux sociétés françaises. Par exemple, un hôtel espagnol ayant une clientèle espagnole ne peut pas déposer le nom de son établissement en .FR et le faire rediriger vers la version linguistique française de son site. Alors que le contraire est possible.
Une autre restriction tient à l’offre pour les particuliers. Elle est réservée aux plus de 18 ans. Cependant, combien de mineurs ont déjà une adresse email (type hotmail ou autres fournisseurs d’accès) ou un blog (voir le succès de la plateforme skyblog) avant la majorité ? Si chacun avait son propre .FR original pour quelques euros par an plutôt que ces services, le .FR ne serait pas aussi à la traine par rapport aux statistiques dépôts de nos voisins européens
(voir le classement des extensions 01net / MailClub).

Question 1 bis : même question pour les domaines d’outre-mer (.gp, .re, etc.) ; précisez si vos remarques concernent un domaine particulier .

MailClub : Les extensions d’outre-mer ont une valeur identique au .FR, en tant qu’extension territoriale. Malheureusement, peu d’extensions sont actives et donc enregistrables. D’autres sont déposables mais les conditions d’enregistrements sont trop strictes. Une entreprise de vente à distance qui livre à la Réunion n’est pas toujours en mesure de satisfaire les règles restrictives du .RE .

Qualité de l’offre d’enregistrement

Question 2 : Comment jugez-vous la qualité actuelle de l’offre sur le « .fr » et le « .re », au niveau de la lisibilité, de la transparence tarifaire ? L’organisation du secteur, notamment le nombre de bureaux d’enregistrement, est-elle adaptée pour faciliter la diffusion de ces extensions vers les personnes morales ? vers les particuliers ? Avez-vous des suggestions d’amélioration ?

MailClub : Le nombre élevé de bureaux d’enregistrements, le manque de concentration du marché le rendent illisible. Une récente étude de l’Afnic est sans équivoque à ce sujet : « 72 % du panel n’est pas capable de citer un bureau d’enregistrement. Pour les 28 % restant, les réponses démontrent une confusion entre les différents métiers. Yahoo, Wanadoo, AOL, Hotmail ou d’autres sont cités comme bureaux d’enregistrements alors que ce n’est pas leur métier ! » (Lire l’article suivant à ce sujet).
Toutefois, certains acteurs importants du marché se distinguent, essentiellement celui à destination des particuliers.
Afin de limiter le nombre de bureaux d’enregistrement et d’améliorer l’offre globale assez inégale (pack hébergement, email, support téléphonique gratuit, surtaxé…), un nombre minimum de .FR géré par un bureau d’enregistrement pourrait être exigé ; en Suisse, le registre exige 1 000 .CH pour être partenaire de l’extension. La situation actuelle avec une cotisation très faible (450 €) a poussé des clients finaux (entreprises) à devenir registrar du .FR uniquement pour avoir accès au prix d’achat faible du .FR (moins de cinq euros). Pourtant, ces sociétés ne commercialisent en aucun cas des .FR auprès de tiers
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Question 2bis : même question pour les autres domaines d’outre-mer dans lesquels des enregistrements sont possibles (.gp, .gf, etc. ; précisez éventuellement le domaine concerné.)

MailClub : Peu de prestataires commercialisent les extensions des DOM TOM du fait de leur statut inactif. Si un registre commun reprenait la gestion de l’ensemble de ces ccTLD français, on pourrait gagner en visibilité. Le bureau d’enregistrement choisirait lors de son accréditation les extensions qu’il commercialiserait (.FR, .GP, .GF, .RE…)


A suivre, la protection des droits des tiers et les données personnelles
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Pour en savoir plus :
Lire nos articles sur le décret 6 février 2007
Lire nos articles sur les extensions des DOM TOM
Lire nos articles sur le .FR