La fin du typosquatting ?

L’enregistrement de noms de domaine comprenant des fautes d’orthographes touche l’ensemble des extensions : .com, .fr, .de, .net… Au Danemark, le registre a promulgué une loi permettant de supprimer tous les noms suspectés de typosquatting. Si la démarche danoise réussissait dans son dessein, pourrait-elle être reprise pour l’ensemble des extensions ?

La pratique du typosquatting consiste à l’enregistrement de noms de domaine similaires à des droits antérieurs : nom de domaine, marque, signe distinctif, dénomination sociale, nom de personne physique… Le typosquatting joue sur l’inversion de caractères, les modifications de lettre ou les variantes phonétiques, en espérant que certains internautes commettront une faute d’orthographe ou une faute de frappe. Le plus souvent, les typosquatteurs ne s’intéressent qu’aux noms correspondant à des sites officiels. Ces enregistrements sont majoritairement effectués par des tiers mal intentionnés, bien que de nombreuses sociétés se prémunissent désormais de ce type de comportement en déposant elles-mêmes ces noms de domaine.

Des sites parking complaisants

La plupart du temps, les typosquatteurs redirigent ces noms de domaines vers des sites dits « parking » qui renvoient vers des liens sponsorisés. Ils captent ainsi l’internaute étourdi qui a mal saisi le nom de domaine du site qu’il comptait visiter.
Arrivé malgré lui sur ce site parking, le visiteur va se voir proposer des liens correspondant au site typosquatté, des liens vers des concurrents directs, voir même des liens vers son propre site !
Ce système permet au typosquatteur de rentabiliser l’achat de son nom de domaine frauduleux. Le principe est simple : il est rémunéré à chaque clic de l’internaute vers un des liens sponsorisés. Ce mode de revenu particulier est nommé Pay Per Click (paiement au clic). Comme il n’y a pas de petites économies, le nom de domaine typosquatté est également mis à la vente.

Le Danemark également touché

Septième extension de l’Union Européenne, le .dk danois connaît de nombreux enregistrements potentiellement litigieux. Extension ouverte à tous, elle est victime comme de nombreuses autres extensions nationales de typosquatting. Si le contrôle des noms de domaine enregistrés ne peut pas se faire en amont du fait des systèmes de dépôts automatisés, il peut se faire a posteriori.
Depuis le 1er juillet 2007, le registre danois a rajouté l’article 8.3.6 dans sa charte de nommage permettant de suspendre un nom de domaine issu du typosquatting. Trois conditions sont à réunir :
– Le risque que l’internaute se retrouve dirigé vers un autre site que celui souhaité suite à une faute de frappe doit être évident.
– Le titulaire ne doit avoir aucun droit antérieur sur le nom incriminé.
– Plus délicat, le propriétaire doit être connu ou suspecté de ce type de pratique dans d’autres cas de typosquatting.
Ce dernier critère risque d’être compliqué à déterminer, les fraudeurs étant particulièrement doués pour la création de multiples identités numériques différentes.
Si les trois exigences sont réunies, le registre contacte le titulaire qui a 72 heures pour démontrer sa bonne foi. Sans réponse ou justificatif adéquat, le nom de domaine sera suspendu, avant de disparaître des bases de données un mois plus tard. Les googlle.dk, yotube.dk ou youtubbe.dk n’ont qu’à bien se tenir !

Que font les autres extensions nationales ?

Dans un passé récent, l’Afnic a bloqué plusieurs milliers de noms de domaine en .fr liés au typosquatting dans deux dossiers (Laurent N. / EuroDns et Klte Limited). Elle se réserve le droit d’engager une action si « le dépôt de noms de domaine par un même titulaire est massif, manifestement contraire à la charte, et que l’AFNIC enregistre de nombreuses plaintes portant sur les noms déposés par ce titulaire. La simultanéité des trois critères est indispensable ».

D’autres initiatives sont à relever parmi les registres contre les enregistrements frauduleux : l’Eurid contre les .eu d’Ovidio, la Belgique qui rembourse la moitié des frais juridiques liés aux procédures de récupération…