.info, .biz, .name : Que sont-ils devenus ?

L’Icann vient de publier une évaluation sur les 7 extensions génériques sélectionnées en novembre 2000 : .aero, .biz, .coop, .info, .museum, .name et .pro. Ce long rapport (150 pages tout de même) doit servir de base de travail et de réflexion pour le lancement des prochaines extensions génériques. L’objectif a été, entre autre, de mesurer l’efficacité de la protection des marques, la conformité aux règles d’enregistrement, ainsi que l’impact sur le marché des noms de domaine.

Des extensions à ne pas confondre

Avant de tirer des conclusions hâtives, il convient de distinguer les extensions sponsorisées (sTLDs) des .biz ou .info. Le .museum, promu par MuseDoma se destine à la communauté internationale des musées. Le .coop par DotCooperation est destiné aux coopératives du monde entier. Enfin, la Société Internationale de Télécommunications Aéronautiques a sponsorisé le .aero pour le monde de l’aviation.
Non sponsorisé, le .name est lui réservé aux individus.

Le .pro est lui proaméricain ; il est seulement accordé aux individus de nationalité américaine. Uniquement enregistrable en troisième niveau (le .med.pro pour les médecins, le .law.pro pour les avocats, et le .cpa.pro pour les experts comptables), le .pro s’est ouvert début août directement en deuxième niveau. Cependant, il ne reste ouvert qu’aux professionnels américains cités ci-dessus.

Les conditions de lancement remises en question

Sans restrictions, et non sponsorisés, les .biz (initialement destiné aux entités commerciales), .info ont connu des périodes de lancement assez rocambolesques. Une inquiétude naissante a touché le « round robin process » utilisé par les Afilias et NeuLevel. Ils sélectionnaient au hasard un nom au début de chaque liste de registrars. Cette méthode a été critiquée comme injuste car elle favorisait les listes courtes et ouvrait ainsi la porte à la manipulation du procédé. Quelques registrars limitaient la longueur de leurs propres listes, offrant les places convoitées aux meilleurs clients, ou limitaient les listes des autres registrars qu’ils contrôlaient. Les conditions de lancement d’une extension fait encore débat. Le rapport part du font que les registrars ne sont pas obligés de renforcer les restrictions à travers une vérification. Il existe des méthodes plus simples, comme faire des vérifications au hasard. Une autre solution consiste à reconnaître la difficulté du renforcement des restrictions et d’adopter le modèle du .com, .net et .org, qui étaient au départ avec des restrictions qui ont rapidement disparues.

Des résultats mitigés

Soixante trois millions de noms de domaine existent à l’heure actuelle. 45 % sont des .com contre 2% pour le .info et le .biz. .Le bilan chiffré n’est pas flamboyant : 1 164 000 de .info, 1 millions de .biz, 82 000 .name. L’étude avance des éléments de réponse. Tout d’abord, le lancement des 7 nouvelles extensions a doublé le nombre d’extensions génériques (14 à l’heure actuelle). Ensuite la date de démarrage des extensions correspond à la période où la bulle internet a explosé. Enfin, le rapport constate qu’il n’est pas évident de mesurer la réussite des extensions, car les périodes de renouvellement viennent juste de commencer (les nouveaux gTLDs avaient une période d’enregistrement minimal de 2 ans).
Les premiers chiffres indiquent que les extensions sponsorisées ont un taux de renouvellement fort : 78 % pour le .aero, 65 % pour le .coop. A titre comparatif, les .com / .net se renouvellement à 60 %. Un sondage a été orchestré sur ces nouvelles gTLDs. Deux milles questionnaires de nouveaux propriétaires ont été retournés. Petite conclusion : les nouvelles extensions sont moins utilisés (les sites actifs ou redirections représentent 45 % des nouveaux gTLDs) que les .com/.net qui émergent à 64 %. Les nouvelles extensions génériques tout comme les extensions locales markétées apparaissent de plus en plus nichés. Il semble illusoire d’espérer qu’un nouveau gTLD dépasse un jour l’inamovible .com qui va sur ses 10 ans !