Diffusion stoppée des nouveaux .FR

L’Afnic, l’association en charge des noms de domaine en .FR, va stopper une pratique ancestrale (à l’échelle des noms de domaine, bien-sûr), la publication des derniers .FR enregistrés. Créé en 2000 dans un souci d’information, ce service gratuit disparaît le 19 février 2008 au profit d’un module payant intitulé « Service QUalifié d’Accès au Whois » (dit « SQUAW »). Découvrez quelles incidences vont entrainer la disparation de cette liste.

Fin de la perte de confidentialité ?

Depuis 2000, plusieurs sociétés ont connu des mésaventures relatives à la publication des noms de domaine en .FR enregistrés au cours des 30 derniers jours. Visible de tous, les observateurs avisés ont pu savoir en avance quelle nouvelle marque lançait une société, quel nouveau service allait proposer une autre ; tout cela en examinant la liste gratuite de l’Afnic. Cette perte de confidentialité a poussé des bureaux d’enregistrement à proposer des dépôts anonymes à leurs clients pour éviter de telles divulgations. Autre désagrément pour les titulaires, les spams envahissant les boites emails figurant sur les whois de ces récents .FR. Bref sa mise à mort n’a que des avantages pour les sociétés. Sauf que…

Droit à l’information

Cet outil a eu le mérite d’alerter la communauté de mouvements étranges. Les journalistes ont facilement constaté des dépôts à la chaîne douteux (« cybersquatting », « typosquatting »…) d’où sont sortis les premières affaires du .FR (Laurent N. – Eurodns, Klte Limited…) obligeant l’Afnic à bloquer des milliers de noms de domaine.

Ne nous s’en cachons pas, la publication de cette liste a servi de base à une majorité de bureaux d’enregistrements pour commercialiser des surveillances liées aux noms de domaine en .FR. Les ayants-droits ont ainsi pu bénéficier de veilles les alertant d’enregistrements de noms de domaine en .FR pouvant porter atteinte à leurs marques. Un service dont ils bénéficient déjà sur les principales extensions mondiales (.COM, .NET…).

Des surveillances .FR plus chères ?

Habitué à ce service, le SQUAW de l’Afnic impose aux prestataires souhaitant maintenir cette prestation de souscrire à cet abonnement. Problème, son coût annuel est de 10 000 € HT pour les bureaux d’enregistrements. A titre comparatif, les bases de données des noms de domaine génériques sont gratuites mais avec des conditions générales d’utilisation strictes.

La prestation de l’Afnic est l’offre la plus chère qu’elle commercialise. Pour être bureau d’enregistrement accrédité en .FR, la somme est plus modique : 450 €.

Loic Damilaville, directeur général adjoint à l’Afnic, s’explique sur le montant. « Ce tarif a fait l’objet de discussions au sein des instances de concertation de l’AFNIC, notamment le Comité de concertation Utilisateurs et le Comité de Concertation Prestataires. Le choix a été d’orienter le prix vers la valeur du service car si le tarif est trop bas, cela peut aussi engendrer des dérives. Certains des participants défendaient d’ailleurs des tarifs nettement plus élevés ». Ce prix de commercialisation élevé va-t-il contraindre les ayants-droits à abandonner des surveillances de noms de domaine en .FR ? Pas de risque pour Loic Damilaville ; « bien au contraire, les ayant-droits sont plus nombreux à recourir à ce types de services, ce qui permettra aux tiers bénéficiant de cet accès et commercialisant des services de veille d’atteindre d’autant plus vite leur seuil de rentabilité. La qualité des résultats obtenus sera d’ailleurs renforcée, les veilles portant sur l’intégralité de la base, et le service sera d’autant plus pérennisé qu’il s’inscrira dans un cadre juridique stable ».

L’Afnic tourne la page de la diffusion gratuite. L’usage nous dira que vaut le SQUAW. En tout cas, c’est la première fois que l’association à but non lucratif fixe un tarif en jouant sur l’effet psychologique via un prix élevé et non sur le prix de revient.