Des noms de domaine de caractères

L’Icann vient de lancer une consultation publique au sujet de l’enregistrement de noms de domaine composés d’un unique caractère dans les extensions génériques (.com, .net…). Aujourd’hui, seuls cinq existent, sans que l’on sache trop comment ils ont obtenu un tel passe-droit. Mais combien de caractères sont autorisés pour constituer son nom de domaine ? Tour d’horizon des règles parfois étranges de certains registres.

De 1 à 67 caractères

D’après notre étude MailClub.info sur 180 extensions actives, la règle la plus répandue est d’autoriser les enregistrements de noms de domaine comprenant de 3 à 63 caractères. Cette condition est exigée par 34 % des extensions. 21 % imposent un nom de domaine entre 2 et 63 caractères, 18 % entre 1 et 63 caractères. Voilà pour les règles communes les plus usuelles.

L’Icann n’a donc rien inventé avec les noms de domaine d’un unique caractère. 24 % des registres proposent déjà ce minimum pour leurs extensions : Afrique du Sud, Argentine, Chili, Nouvelle-Zélande, République tchèque, Roumanie, Tuvalu (.tv)…. En France, l’Afnic autorise deux caractères pour les .fr, mais ces derniers ne doivent pas être de deux lettres. Si m6.fr a le droit d’exister, om.fr lui n’est pas autorisé. Le plus souvent le nombre minimal est de trois caractères, mais quelques-uns en exigent quatre (Pakistan).

63, une limite répandue

Le nombre maximal n’est pas toujours de 63, même si ce choix est largement plébiscité (74 % des extensions). 20 % des extensions proposent moins. Seulement douze pour le .ga gabonais ou le .ci ivoirien ; moins de 20 pour l’Argentine et le Pérou ; entre 20 et 30 pour l’Algérie, le Brésil et la Thaïlande ; entre 40 et 50 pour le Canada, la Hongrie et la Grèce.

A contrario, le .ec équatorien autorise jusqu’à 65 caractères. Le record étant pour le musical .cd congolais à 67 caractères.

Plus c’est long, plus c’est bon ?

Forcément, certains internautes s’amusent à tester le maximum de caractères autorisés. Parmi les noms de domaine les plus longs, on retrouve énormément d’adresses insolites. Du googlesque gooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooogle.com, de l’allemand wiemenschlichmenschensindzeigtihrumgangmitdermuttersprachefrsch.de (citation de l’écrivain allemand Friedrich Schiller, NDLR), en passant par l’abécédaire abcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijk.com, aux « je me la pète » iamtheproudownerofthelongestlongestlongestdomainnameinthisworld.com ou thelongestdomainnameintheworldandthensomeandthensomemoreandmore.com, au plus cru fautvraimentetreconpouravoiruneadresseinternetaussilongue.com.

Dur de typosquatter g.cn

Au sujet de la consultation Icann, les spécialistes signaleront qu’il existe déjà des noms de domaine d’une lettre. x.com est utilisé par Paypal, z.com appartient à Nissan, i.net, q.net, q.com, ou x.org sont également enregistrés. L’intérêt de noms courts est multiple : mémorisation plus facile, risque de typosquatting quasi nul, rareté du bien… Il se murmure que Yahoo lorgne sur le y.com. Google a déjà franchi le pas en Chine en acquérant g.cn.

Cette réflexion autour des noms courts illustre la pénurie en la matière. 100 % des noms de domaine de 2 et 3 caractères sont déjà enregistrés en .com. La valeur économique des futurs 1.com et de ses confrères est donc très forte. Pour les petits malins qui souhaiteraient les acheter, la méthode d’attribution choisie sera sûrement les enchères et non l’originel « premier arrivé, seul servi ». La loterie des noms de domaine a vécu au profit des plus fortunés.