Décryptage du .asia

Après le .eu en 2006, 2007 bien partie pour consacrer une nouvelle extension continentale liée cette fois à l’Asie : le .asia. Découvrez qui pourra enregistrer des noms de domaine en .asia, à partir de quand, comment et surtout à quoi servira cette nouvelle extension.

A la différence du .eu construit autour de l’Union Européenne, le .asia ne s’appuie pas sur un projet politique. L’idée de ces nouveaux noms de domaine est portée par un consortium d’extensions locales asiatiques qui souhaite se doter d’une identité web commune. A ce titre, la nature du .asia est assez particulière.

Une extension générique !

La classification des extensions tenue par l’Icann (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers) distingue les extensions génériques (.com, .net, .org, .mobi…), des extensions rattachées à un territoire (dites ccTLD : « Country Code Top Level Domain »). Or, la création du .asia a été entérinée comme une extension générique et non géographique comme le .eu ou le .fr !

Mon .asia grâce à Chypre

Si le commun des mortels peut déduire que le .asia sera réservé aux asiatiques, il sera peut être étonné du nombre de pays éligibles pour cette extension. Pour obtenir des noms de domaine en .asia, il faudra disposer au minimum d’un contact local (titulaire du nom de domaine ou contact administratif, technique, facturation) dans un des 73 pays de la communauté DotAsia définie par l’ICANN.
Parmi ces pays, on retrouve l’Australie ou la Nouvelle Zélande. En effet, le .asia représentera l’ensemble de la région asiatique, pacifique et l’Australie. Plus cocasse (l’Icann aurait-elle besoin de géographe ?), on retrouve parmi ces 73 pays éligibles, Chypre, pays membre de l’Union Européenne !

Avec cette vision géographique « large » (on compte également Israël, l’Arménie, la Jordanie, le Liban…), le .asia couvrira plus de 3 milliards de clients potentiels, soit la moitié de la planète !

Comme tout nouveau lancement d’extension, le registre met en place des périodes d’enregistrements prioritaires (dites « sunrise period ») pour les différents ayants droits afin d’éviter les dépôts abusifs du type cybersquatting. Selon le calendrier prévisionnel (l’ensemble du calendrier est disponible dans notre dossier spécial), une première « sunrise » débutera pour les organismes publics locaux en juin 2007.

Protéger vos marques en priorité

En septembre, une seconde période d’enregistrement prioritaire débutera pour les détenteurs de marques enregistrées, quelque soit le pays d’inscription. Ils pourront déposés les noms de domaine correspondant à leurs marques. Cette « sunrise period » sera elle-même divisée en trois temps. Un premier pour les marques enregistrées avant mars 2004, un second pour celles antérieures à décembre 2006. Le troisième temps permettra d’associer des termes aux marques.

En novembre 2007, la troisième « sunrise » permettra aux noms des sociétés membres d’un des 73 pays éligibles de demander leurs noms de domaine en .asia.

Si il n’y a qu’une demande sunrise pour un nom de domaine, le nom sera alors enregistré.

Des enchères pour départager les ayants droit

En cas de plusieurs demandes, le registre introduit une nouvelle méthode pour départager les requérants : des enchères ! L’attribution du .asia se fera alors sur la base du plus offrant. Le registre justifie ce procédé pour éviter la loterie du « premier arrivé, seul servi » qu’on avait pu connaître pour le .eu (280 personnes déclaraient être titulaire d’un droit antérieur sur sex.eu…). Le récent .mobi utilise ce système d’enchères pour des noms dits premium (bank.mobi, video.mobi…), mais trancher l’attribution d’un nom pour lequel les deux parties ont des droits antérieurs selon le plus gros chèque, c’est une première !

Cette formule évitera toutefois aux demandeurs de multiplier leurs commandes chez des bureaux d’enregistrement (dits « registrars ») pour accroître leur chance comme on avait pu le voir sur le .eu.

Après ces enchères, le .asia s’ouvrira aux personnes morales et / ou physiques présentes dans un des 73 pays éligibles, sans droit au nom. En février 2008, les premiers enregistrements seront à des tarifs un peu plus élevés (période dite de « landrush ») que lors du lancement total en mars 2008.

Ce nouveau .asia sollicitera à nouveau l’ensemble des titulaires de marques, désormais coutumier des dépôts préventifs lors du lancement de nouvelles extensions (.eu, .mobi…).
Ils pourraient rapidement s’en agacer (si cela n’est pas déjà fait) avec des budgets d’enregistrement de noms de domaine à la hausse. Face à des processus de récupération souvent long, coûteux et à la charge du requérant, les dépôts préventifs restent pourtant la meilleure méthode pour lutter contre les enregistrements litigieux. Surtout dans une région asiatique connue pour de tels agissements.

Pour en savoir plus :
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